Bosser L’abandon

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Cultiver des levures de vide, des petits champignons verts sur le dos des farines. Espérer une guérison, un soin de sorcier.

Élever les moisissures, les tissus délicats en coton de neige, des nébuleuses de pénicilline qui pousseraient sur le quotidien. à prendre à chaque repas. Puis boire, puis déglutir.

Tracer le périmètre de sécurité, s’assurer de l’espace infranchi ( suis-je toujours au centre? oui? ) vérifier souvent parce que parfois la roue est voilée et le rayon déboulonné.

Marquer à la craie. Ne pas franchir la trace, elle est pleine d’intrigues, d’incantations de magies.

Remèdes de cheval ou limites autour du cadavre

Créer ainsi le refuge, même s’il s’agit de faire d’un caillou une île – la terre sort un sein de la flotte- une île maigre sans doute mais avec de l’air ou des mains autour.

Patienter, la semaine des 4 jeudis. Robinson n’est pas fort pour tenir ses horaires. Compter les grains de poussières et corpuscules. Pour cela, quadriller le cercle, numéroter les abscisses, les ordonnées et débuter sa température à zéro. Attendre que ça monte. Faire la croix.

Régler le variable, ce qui va vient repart, mécanique à créneaux et main courante. Tout ce qu’il y a de mouvements même infimes. Tant de bestioles ci présentes.

Compter, marquer, inventorier tout ce qui est autour. Faire état.

Bosser l’abandon, le détourer, le faire par l’envers.
Et puis en effet oui lui, ce rond troué que l’on nomme zéro et soi au centre

Texte : Anna Jouy
Illustration :  Il neige à Farinole – Locations I Stantelli
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