Une Mesure du Monde – Recueil

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Des bas-fonds

 

Je viens des bas-fonds

Aujourd’hui ça me va

J’ai mis de côté la honte

que je portais comme une croix.

Et pour avoir côtoyé

d’autres mondes, croyez-moi,

la pourriture n’est pas

forcément là où on croit.

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L’image, la mort, la loi

 

Le monde dans lequel je traîne

poudre de sang les visages

– Ici l’image de la mort est loi –

glorifie les horreurs de sa nature,

la loi de la mort en images.

Là, le temps est figé

La violence pour l’éternité

Paradoxe supplémentaire…

Instantané qui n’est plus à faire

 

Textes/Illustrations : Carol Delage

 

Le recueil « Une Mesure du Monde » est à télécharger ici : Une mesure du monde

Et ces quelques feux

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S’incline la mer

Se fait lisse de son départ ininterrompu

Colorie un iris

Inaccessible ciel

Se fond

L’autre face irradie

Ovale opale

Immobile le bateau d’un bleu jalousant la mer

Perpendiculaires des voiles

S’éloigne le vent

 

Le poing fermé

planté dans l’Egée acculée par le soleil

 

Aspire la lumière comme un point final lancé au ciel

De pierreries constelle

à perte de vue

Ruissellent les Fiancées amères

Fruit long

 

La steppe brûle encore clairsemée de maisons immaculées

L’habile noir crache leur âme inhabitée

cendrier insulaire

Et ces quelques feux vacillent encore

 

Le lac rouge charrie nos mythes sacrificiels

Les trois stèles des croyances

S’avenir

 

Apollon  s’est évanoui  dans le beat infini,

La ruine incendiaire

Regarde les rites dévolus

 

Volute des chimères

Sa lutte

 

Le miroir des déclinaisons

 

La Clairière de  l’ombre infatigable

Sa course

 

Les éclaboussures claires des aubes brûlantes

 

Texte/Illustration : Dorothée Chapelain

Draling doki -doki / Tokidoki doki-doki

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Voici « Draling doki -doki / Tokidoki doki-doki », texte de Cyril Pansal. Voici ce qu’il en dit :

Si « Jeep de Diane Keaton ( Jeep on the mind)  » et « Californie (the jeep family / making my own sect) », sont deux textes qui n’existent pas dans « Démarre la jeep« , Draling doki -doki / Tokidoki doki-doki » lui existe bel et bien. C’est un « rajout » on peux voir cela , comme l’avait fait Richard Brautigan pour son « sucre de pastèque »  ( il avait rajouté dans un de ses livres deux bouts de textes qu’il avait oublié , disait il)…

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Un simple extrait ci-dessous de ce texte qui, en entier, dans sa composition originale, danse sous les yeux, qui  secoue et ouvre des perspectives narratives…Novateur et remarquable. Il y a du nouveau roman là-dedans. Et surtout une nouvelle façon d’écrire, de faire des mots une matière. Presque sonore et sculptée :

« POUR NE PAS BRISER LES REFLETS DE LUNE, J’AI STOPPÉ MON BATEAU AU BOUT DU PROMONTOIRE  – « Futari No Night Dive » Kikuchi Momoko

De la poésie ?

Si si , je t’assure, ça existe encore ! Rappelez vous , je vous en avais parlé en page 3 (puis 43) de “Démarre la jeep”.

Indifférent aux choses et aux conversations censées intéresser tous les êtres humains , j’avais alors , et j’ai toujours envie …  d’écrire sur les cheveux d’une certaine fille ! Dit autrement, les choses importantes , on n’en parle qu’à la fin …

                                                                 (Il était temps !!!) »

                                                                   

Le texte à télécharger en entier ici : DRALING DOKI-DOKI_Cyril Pansal

Texte/Illustrations : Cyril Pansal

Je devais m’y attendre – PARTIE #34 et #35

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PARTIE# 34 – fois –

– narration de toute évidence ou quelque chose d’approchant – de près¿ –

Ecrire :

– je devais m’y attendre là aussi à ce qu’une ligne petit alignement de noms de poissons et quelques indications de direction – en langue thai : j’adore. Le plaisir de trouver, recopier, restituer. Lire avant que de connaître expérimenter un/si peu de la réalité de l’étendue du monde, tout comme j’ai tant aimé enfant, prendre part à l’admiration/la circulation des mots du monde. Rien que pour la beauté des yeux : j’adore :

poissons clowns, cochers, trompettes, poissons papillons, poissons ballons, anges, demoiselles, poisson gribouille, poisson à marges jaunes, à poitrine rouge.- je ne puis là aussi être exhaustive –

Et :

c’est loin d’ici ? glai thaorai ?

où ? thiina ?

d’où ? Chaak nai ?

n’est ce pas ? chai mai ?

pourquoi ? thammai ?

(Je t’adorais comme on ne devrait pas adorer d’autant si c’est un homme. Adorant, on n’est plus là. La vie de l’autre son équilibre, ses compromissions avec ses mensonges et ses beautés, ses vérités et laideurs, nécessités et choix et désirs requérant toute l’attention. La vie de celui adoré se saisit de toute la compassion rédemptrice dont peut faire preuve celui qui adore, c’était moi capturée même au-delà du réel. Je pourrais PRESQUE prononcer le mot foi, le mot toi, plusieurs fois les restituer.)

– Inutile de préciser que – oui bien sûr il y a ma foi absolue en l’enfance. Toujours est-il que dans cette histoire que je – me – raconte, une partie de moi contenant de/à l’enfance encore a été tuée -et je pèse la circulation de mes mots -. Alors bien sûr que je me sens toute petite et que rien d’étonnant à ce que cela me mette en joie de recopier une ligne entière de noms de poissons – PRESQUE un collier cou -. Et réitère demander la direction à prendre.- et je ne puis là aussi être exhaustive, davantage que les mots eux-mêmes, mais c’est alors que je touche leurs limites et les miennes –

(Mais adoré, est-on là ¿ dis, étais-tu là ¿ m’étais-tu en quelque sorte aussi des mots ¿ je me/leur pose la question.)

J22, Koh Tao Mae Haad Bay, 22/02/2020 – sans maintenant m’irriter des petites mouches qui veulent entrer dans mon nez lorsque j’inspire –

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PARTIE #35 – fois –

(m’est arrivé quelque chose ¿)

En un rien de temps la mer verte d’un bleu très clair avec beaucoup de blanc – je me plais à le dire comme cela – a découvert quelques rochers. Il y a des miroirs partout. Je me surprends à parler seule. Je dis qu’aujourd’hui je suis bien là,

puisque et pourtant

je viens de perdre une/ma première phrase. Et que bientôt je quitterai les bords – de mer -, que j’irai quelque part plus au centre – de l’île – où le plus souvent il y a davantage d’arbres et de hauteurs, moins d’hommes et de femmes. Où des oiseaux là aussi se ressembleront en un seul cri ou en un seul chant – ce sera selon, ma propre capacité à me             alignée ¿ -. Et que de quitter et d’aller et de me rassembler, j’en raconterai j’en rêve j’imagine l’histoire – en d’autres termes – qui m’est arrivée. Car il m’est arrivé quelque chose.

(T’aimer c’est qu’il me soit arrivé quelque chose, toi m’est arrivé/venu, le mot toi prononcé comme ça. Comme personne, nul autre, comme pas là, PRESQUE rien (je pourrais croire)

puisque et pourtant

m’arrive raconter mon histoire (n’est pas tout à fait et de moins en moins plus le temps passé à écrire mais encore un peu tout de même ce que j’en dis ici depuis le début (quand le début de quoi ¿)

En un rien de temps un autre commencement, une fiction peut-être bien il me semble ou (inclusif) quelque chose d’approchant (de prés) se préparent à se découvrir rochers, voudraient émerger du voyage. Et de la mer. Et de toi encore. Avec beaucoup de blanc (que cela me plaise encore de le dire comme cela).

Je viens par hasard de trouver cette phrase d’une femme, je ne sais/saurai pas qui : lorsque tu tomberas de mes hanches mille ans auront passés.)

J23, Ko Samui Ban Lamai, 23/02/2020 – sans maintenant écraser les toutes sortes d’insectes qui résident avec moi –

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Texte/Illustration : Corinne Le Lepvrier