Catherine Watine – Traces Paradoxales – Extrait

Chairs Sacrées (Extrait)

Froissures de dunes
Cris d’étoiles déchirées
Tout se craquèle
Sur l’autel de l’infinité
Calice de Tantale
Je me tends
Pour l’univers brûlant
Où tu te rends

La lente progression
Annoncée dans mes hanches
Comme une lame de fond
Se déclenche
Et sans concession
A la moindre décence
Je t’immole à l’autel
De mes truculences…

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La poésie comme mutation du néant…Le recueil de Catherine Watine rejette l’idée d’une poésie qui serait un simple refuge, ou une plainte.
Chez Watine, la poésie est une alchimie. Le vide et le désespoir ne sont pas effacés, ils mutent en langage.
L’énergie littéraire y supplante la souffrance. Elle devient le carburant d’une lutte, et transforme l’incompréhension du drame en une quête d’absolu.
Au-delà de la résilience…La lumière. Ce n’est pas une lumière sereine ou une guérison complète. Les mots portent le poids des blessures. La poésie ne répare pas le passé, mais elle l’apprivoise, et refuse la résignation.
L’universalité par l’intime…Ou le paradoxe fascinant de la lecture. L’ancrage biographique de l’autrice donne une force brute aux poèmes. Pourtant on se les approprie. Ces cicatrices intimes deviennent les nôtres. La douleur personnelle devient le miroir de la condition humaine.
La douleur est l’expression paradoxale de la vie. Tant qu’il y a souffrance, l’existence palpite. Et dans l’écriture, on devine la tension victorieuse contre la destruction du temps.

Yan Kouton

« Traces Paradoxales » chez Hello Editions