L’Histoire de Pierre (6)

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La rose offre des méandres de tendre incertitude. Elle peut se voiler, prendre la forme d’une brume de perle. Sa peau délicate pénètre profondément l’oreille attentive au murmure d’une langue de soie.

Encore un extrait de Météore de À. Du Bouchet qui éclot dans ma mémoire :

« L’absence qui me tient lieu de souffle recommence à tomber sur les papiers comme de la neige. La nuit apparaît. J’écris aussi loin possible de moi. »

J’ai rencontré un psychanalyste hier soir, il essaie d’écrire une conférence, je me suis retrouvé dans ses paroles.

« En écrivant sur la passion d’une patiente j’ai cru m’éloigner de moi, trouver une figure qui m’aiderait à créer une aire de jeu, un lieu externe, dans quelque square, avec des balançoires, du sable. Mais, que dire, en relisant, ce matin de Mai, je vois, comme dans un miroir, une image cruelle, de ma souffrance.

J’écris en citant, plusieurs fois André Green, que je déteste. Je me demande si ce n’est pas pour donner à l’auditoire auquel s’adressera cette conférence, une occasion de le critiquer ? »

« Je vais t’apprendre à être égoïste… sinon je te quitte »

La soirée était remplie de ma colère, elle l’a tout de suite perçue sur mon visage. Je suis transparent pour elle. Je n’en peux rien dire, je n’ai pas encore, à plus de cinquante ans, appris l’alphabet subtil de la colère. Chez moi, elle éclate, me met en miettes, je m’en méfie. Je suis désemparé par la violence qu’elle mobilise en moi.

Vendredi, 4h57.

Je ne dors pas ! J’ai eu l’illusion fulgurante d’avoir une clarté d’analyse que j’essaie de fixer sur cette feuille.

La forme sera celle d’un dialogue imaginaire, entre deux personnes, un homme déjà mur et une femme un peu plus jeune que lui. Les personnages sont très proches de Muriel et de Pierre mais ils en sont également éloignés. Je fais de nombreuses fautes de frappe, j’ai pris un demi Lexomil, il y a trois heures pour, je l’espérais, pouvoir dormir et me reposer.

Cela ne marche pas, je suis envahi de doutes affreux et de haine destructrice.

Elle : « Nous sommes loin »

Lui : (spontanément, sans réfléchir à ce qu’elle veut dire) « C’est toi qui es loin » (il l’a sentie préoccupée pendant le repas, elle avait faim et s’était attablée à une table de bistrot sur le quai Richelieu à B. Elle venait de voir une pièce, H et H; elle avait aimé le texte qu’elle avait trouvé très fort et très beau ; elle avait essayé de lui faire lire le résumé, il avait fait semblant, il est incapable d’en dire quoi que ce soit ; H, un poète allemand et H un nazi, un dialogue vide, vertigineux ! Ce n’est pas que cela ne l’intéressait pas, au contraire, ce qu’elle en disait lui paraissait très proche de la conférence qu’il préparait alors. Il essayait d’y parler de la rupture d’une analyse engagée dans un climat de haine et de désespoir, elle avait évolué vers un transfert amoureux qui dérapait sur un mode érotomane, il avait décidé de mettre fin à cette analyse et depuis il y pensait souvent, il espérait, avec ce travail, comprendre ce qui c’était passé et en faire quelque chose.)

Elle : « Ah si c’est ce que tu crois ! »

Il ne savait plus. Durant la soirée, les moules étaient délicieuses, elle mangeait avec les mains se mettait de la sauce au roquefort sur les joues, le nez, c’était très beau, il lui disait qu’elle était belle, elle le regardait avec ses yeux noisette, un regard profond, comme pour sonder son propos, comme si elle ne le croyait pas tout en étant heureuse de ses compliments amoureux. Il était gai et profondément triste, elle le percevait et lui croyait aussi percevoir sa tristesse sous les éclats de rire qui le séduisaient depuis qu’ils se connaissaient. Il l’avait écrit, leur vie était un éclat de rire. Mais depuis quelques mois, il entendait ses rires comme une mélancolie, un désespoir, recouvert d’une mince peau qui s’amincissait, se déchirait. Elle parlait beaucoup de mort, disait qu’elle avait vécu le meilleur, avec ses enfants, que la suite serait une vie de merde. Il était très blessé de l’entendre dire ça, il ne pouvait pas toujours le cacher. Lui il vivait, ou plutôt survivait, d’espoir, de liberté retrouvée, dans l’attente douloureuse de leurs rencontres. Il aimait la faire rire, c’était plus difficile qu’au début, mais il y arrivait encore. Mais depuis quelques temps, il avait de nouveau l’impression qu’elle s’éloignait. Ce n’était pas la première fois qu’il ressentait ça, c’était moins violent, elle lui avait dit qu’elle ne voulait plus qu’il lui dise ça !

Ils s’étaient quittés il y a quelques heures, elle avait refusée de passer un moment avec lui, comme souvent ils le faisaient, dans son refuge qu’elle avait dû mettre en vente.

Elle subissait des coups violents qui la laissaient hébétée de longs jours, elle semblait alors régresser à un état de terreur sans nom qu’elle tentait de tuer en sirotant des Despérados et de la Manzana.

Elle disait qu’il ne la comprenait pas.

Il lui disait qu’il était terrorisé, que c’était, c’est ce qu’il croyait, un refus de voir la réalité. Elle était prisonnière et s’entourait d’un manteau maternel qu’elle déployait autour de ses enfants. Rien n’existait plus alors, c’est ce qui le blessait, que ses enfants qu’elle voulait protéger. Elle était beaucoup plus réaliste que lui et beaucoup plus gaie aussi. Elle disait que ce qu’ils vivaient était précieux, qu’il fallait le préserver.

En face de lui : la maison.

La maison se couvre de vigne vierge, un peu plus chaque année, elle semble à l’abandon, quelque silhouette, une ombre furtive, file parfois à une fenêtre. Le matin blême apporte un bouquet de brume, quelques martinets chassent les humeurs tristes de la nuit.

Texte/Illustration : Jean-Claude Bourdet

Dernier Soir


pour les cosaques - dernier soir

Le ciel était de pourpre ce soir. Je me suis retournée machinalement pour en connaître le sens, savoir ce que serait ma route demain et ce mouvement rapide s’est accompagné du rappel fulgurant de ton absence.
Je suis restée en contemplation, épaules frissonnantes dans le frais de la nuit montante pour bercer ma peine, et me racontais
que les kakis avaient déteint et j’en souriais
que les maisons, les anciennes fermes, s’illuminaient pour un adieu amical
que la plaine palpitait de signaux flamboyants
que le bonheur ardait pour que son souvenir m’imprègne
qu’un grand feu s’élevait, tournoyait, s’élançait, courait dans les herbes, incendiait, anéantissait nos traces et j’en avais peine pour la contrée
que des flambeaux illuminaient un lac de sang bouillonnant à la limite du jardin.
Et quand la nuit s’est installé, que tout s’est éteint, suis rentrée, ai vérifié que les derniers bagages et paquets attendaient dans l’entrée d’être chargés dans le coffre demain à l’aube, et suis allée dormir dans la chambre d’amis.

Texte/Photo : Brigitte Celerier

Shahrzad BEHESHTI MIRMIRAN

Nous sommes particulièrement fiers de publier quelques textes de la poète iranienne Shahrzad BEHESHTI MIRMIRAN, aujourd’hui disparue. Son frère Shahriar Beheshti assure la transmission de son œuvre, largement publiée en Iran, en traduisant ses poèmes en français.

En France, la revue Ornata a déjà publié «Esseulée » et « Catacombes ». « Mendiant » est en revanche publié pour la première fois par Les Cosaques des Frontières.

 

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Esseulée

Le bruit d’un tir retentit!
Cinquante moineaux s’envolent d’un arbre
Dans les airs, dans les airs…
Il y avait cinquante et un moineaux; Un est tombé au sol,
Les autres ont disparu dans l’air…

Quarante-neuf oiseaux se posent de nouveau dans l’arbre.
L’autre erre désormais…
Frappant parfois le sol avec son bec,
S’abandonnant parfois en plein vol…
Espérant peut-être aussi mourir en tombant au sol.

En pensant à l’autre,
Dont le corps refroidi
Gît sur le sol,

Et qui ne comprend pas
Que sa compagne a perdu la raison,
Qu’elle ne reconnaît ni la direction, ni le printemps.

 

Catacombes

Tu as incendié ma tente,
Je te brûle des pieds à la tête.
La tente s’écroule,
Mes os apparaissent.
Fragments par fragments, je te décris…
Les fragments de mes os
Sont tombés dans la plaine.
Tu me ramasses,
Tu ne me reconnais pas!
Une pierre se trouve dans la plaine…
Tu as gravé mon nom, dessus,
Avec un pic.
Tu la plantes entre mes os,
Elle commence son battement,
C’est mon cœur fossilisé!
Mon nom tu l’as gravé
Dessus avec un pic :
Il appelle ton nom.
Lorsque tu frappes mon os
Contre la pierre,
L’outil ainsi formé
Se confond avec mon état trouble.

Rencontre devient possible…
Il faut que tu viennes,
Que ce soit vendredi ou non.
Il faut que tu viennes,
Que je sois endormie ou non.
Il faut que tu viennes :
Nous dormirons
L’un à côté de l’autre
L’un sur l’autre
Pour toujours
Dans les catacombes
Remplies d’ossements,
Sous les voûtes chrétiennes,
Sous le métro de Paris.

 

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Mendiant

Le mendiant de notre rue
Est endormi sur la chaussée
La tête sur un ballot sale
Un carton en dessous de lui
Comme une statue
N’espérant ni bien, ni moyens…

Autour de son corps endormi
Quelques pièces jetées

Du côté pile ou du côté face
Au hasard

Nous passions
Comme deux silhouettes de carton,
découpées,
Raides et rigides
Frais et propres
Main dans la main
Soi-disant amoureux
Tout juste adultes
Soi-disant
Espérant un avenir radieux

Il a froid et dans son sommeil
Sa main
Cherche une couverture
Qu’il aurait peut-être eue un jour
Dans son sommeil, sa main la cherche

Tout comme nous
Qui par désœuvrement
Cherchons nos mains…

 

Textes : Shahrzad BEHESHTI MIRMIRAN

Illustrations : « Délivrance » de Shahriar Beheshti/ « Mendiant » de Linrong LU

 

De la rose et les roses


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L’image a disparu, ne reste que le texte
Un mal viscéral dans le ventre l’oppresse
L’absence de photos, un blues qui le presse
Quand le retour aux mots créé de néo contextes

Virer du noir au rouge, comment dans cette langue
L’exprimer autrement dans quelques métaphores
Ou autre apparences qui le rendent plus fort
Quand les sens abusés de ses yeux sont exsangues

Victimes à tout jamais de l’ombre sans lumière
Il déploie le toucher, et l’ouïe et le goût
Contre la cécité pour être parmi nous
Avec des lettres à lui qu’il grave sur la pierre

Seulement les couleurs il ne saura jamais
Les transposer vraiment à moins que visionnaire
Il devine un langage si extraordinaire
Qui parlera aux siens dans un rêve parfait

Si fait d’abstraction que l’image elle-même
Bien qu’ayant disparue se lira sibylline
Dans un poème nu dépourvu des épines
De la rose et les roses existeront quand même

Texte : Jeanne Morisseau
Aquarelle : Jeanne Morisseau

La Nuit Semblait Venue (10)

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(Une heure sur Terre)

Lina était sérieuse évidemment. Cela faisait trop longtemps qu’elle manifestait ce désir de quitter son emploi. « De changer de vie ». De là à changer de planète…Le ciel était régulièrement zébré par ces traces caractéristiques des nouveaux avions supersoniques qui mettaient Paris à 30 minutes de Shanghai. Nous n’avions pas les moyens de les emprunter mais l’idée que les distances n’existaient pour ainsi dire plus était fascinante et effroyable. Plus rien ne semblait inatteignable, et dans des proportions totalement surréalistes. L’immobilité devenait une situation étrange.

Le monde fut pris d’une convulsion prodigieuse. Des lustres évaporés en un clin d’œil. La planète semblait éclairée en permanence par des rayons extatiques, où palpitait la fin de plusieurs civilisations. Des mondes que l’on n’avait même pas encore eu le temps d’assimiler. Aussitôt passés. La raison n’existait plus. Plus le temps pour ça. Lina me parlait souvent de ces enfants qui n’avaient plus que quelques minutes pour rejoindre l’école, alors qu’ils habitaient à des kilomètres. Paris était devenu un véritable monstre urbain. Et bien, ces enfants-là ne venaient pratiquement plus en classe. Bien trop sollicités qu’ils étaient par une mégalopole aussi vertigineuse qu’accessible. Au fond, nous étions tous les mêmes. Le cœur bouleversé, l’esprit accaparé, happé par la fin du temps.

Les vidéos des premiers voyageurs empruntant ces fabuleux métros ultra-rapides, propulsés comme un hyperloop, représentaient encore aujourd’hui un must multi-diffusé. Il fallait voir le visage pétrifié de ces gens qui vivaient pour la première fois cette expérience inouïe. Le voyage ressemblait à une véritable téléportation. Un tunnel de lumière démentiel traversé en un instant. A peine le temps de comprendre l’annonce robotique qui invitait les passagers à s’asseoir. L’engin arrivait à destination, sans que l’on sache ce qui s’était passé exactement. Et ce bruit… Un glissement technologique qui vous prenait aux tripes.

Aujourd’hui ce type de déplacement était quotidien. Une nouvelle routine en quelque sorte, mais dont on ne mesurait toujours pas l’importance. Nos corps étaient devenus de véritables informations se déplaçant d’un centre de données à un autre. J’avais souvent l’impression d’être devenu un simple électron propulsé à la vitesse de la lumière. Forcément, dans ces conditions, penser était devenu un exploit. Le temps nous échappait littéralement. Il était devenu une gerbe de lumière éblouissante.

J’avais senti le danger. Nous avions toujours préservé, je ne sais comment, un semblant de paix. La dislocation du temps et des distances ne nous avait pas encore trop affectés. Ici, je veux dire dans cet appartement, tout parvenait à s’immobiliser. Là, ce matin, c’est un peu comme si la Lune venait de percuter notre univers.

Lina était déjà en train de rentrer frénétiquement ses coordonnées sur le site de recrutement de la Compagnie. Voilà…J’entrevoyais « l’avenir au fond du candélabre » allumé par cette entreprise.

Il fallait bien que nous soyons rattrapés par la vague. Ce déferlement en dehors des lois de la gravité.

Je souhaitais que sa candidature ne soit pas retenue. Qu’elle se perde dans les millions, probablement, de dossiers remplis. Et même si l’Intelligence Artificielle de la Compagnie tournait déjà à plein régime, j’espérais que la sienne ne soit pas remarquée. J’avais pourtant des doutes. Elle me montrait, soudain extatique, le nombre de sociétés associées à la Compagnie qui procédaient à des recrutements parallèles. Notamment Moon Express qui projetait depuis des années de faire de la Lune, notre 8ème continent. La Lune bombardée depuis la nuit des temps par des astéroïdes chargés en métaux précieux était un véritable trésor. Lina semblait particulièrement fascinée par un poste offert par cette société.

Un poste d’enseignant auprès d’enfants dont au moins l’un des parents serait travailleur lunaire. Moon Express ouvrait une école dédiée à Paris. Quand elle me montra l’annonce, elle éclata de rire.

L’homme s’éloignait du centre par la force centrifuge…Mais il restait toujours désespérément sentimental. Lina me dit qu’elle souhaitait bien partir…Mais seulement de son école, si cela était possible.

Mon souffle retenu dans la peur contenait tacitement mon amour. Lina le savait et en jouait souvent. Tout avait tellement changé et si vite. J’avais développé au fil des années une sorte d’autisme. Cette peur confuse enveloppait à peu près tout. Il suffisait de penser à ce que nous allions collectivement devenir pour perdre pied. L’homme, devenu la mémoire d’un seul site planétaire, s’apprêtait à exploiter les richesses de l’espace. Le saut quantique était immense. Tout ce que cela avait d’ores et déjà modifié en profondeur dans la société était vertigineux. Le manque de financements publics avait désintégré des pans entiers de la cohésion. Mais on s’apprêtait à lancer vers la Lune de nouvelles Caravelles.

Nous repartions vers un cycle de grandes découvertes, pour des siècles de conquêtes économiques. Ces fameux impératifs de conquête qui avaient gouverné les grandes expéditions maritimes des temps jadis. Sauf que l’encomienda était remplacé par un recrutement en bonne et due forme. La Compagnie se positionnait pourtant comme un nouveau colon qui allait, à coup sûr, donner du fil à retordre aux Etats. Que ferait-elle de ce pouvoir immense ?

Il suffisait de se souvenir que les premiers réseaux sociaux avaient fait trembler des empires entiers. Que les premiers géants numériques avaient fait chuter des sociétés vieilles de plusieurs siècles en quelques années…Pour imaginer aisément les conséquences que l’émergence d’un tel monstre économique entraînerait.

Combien de temps tiendrait la paix curieuse qui accompagnait l’essor de la Compagnie ?

Lina remplissait son dossier de candidature. Certains éléments devaient transiter par une connexion mentale. Elle s’isola un instant pour que mes ondes douteuses n’interfèrent pas dans ses réponses.

Nous en étions à l’ère de la 25G. Et c’est à peine si le corps avait une existence effective. Avec Lina nous avions toujours refusé le recours à des extensions virtuelles dont l’usage s’était généralisé pour aider les couples à faire l’amour. C’était inutile, et c’était un piège terrible. La notion même de contact avait considérablement évolué.

Trahison des lettres sûrement. Toute cette technologie s’était développée sur un effondrement du langage. « Un départ sur les rails avant de se recueillir dans l’abstruse fierté » d’une victoire absolue.

Le monde entier se préparait à ce basculement. Les quelques pauvres décennies qui suivirent les guerres du XXème siècle ne furent qu’un feu de paille, à la fois démocratique et sociétal. L’intérêt général était lié par nature au langage, aux lettres…On avait suivi depuis une sale route. Une putain de route vers le néant. Le data nous avait flingué la mémoire. Le savoir s’était perdu dans ces foutus bâtiments qui ressemblaient vraiment à des tombes. Le pire étant que ces temples longtemps réputés inviolables ne l’étaient pas du tout. La délinquance technologique avait explosé. Lina avait d’ailleurs soupçonné un temps notre voisin programmeur et obèse d’être un Anonymous. Littéralement c’est ce qu’il était. Perdu entre des lignes de programmes, n’existant plus que sous la forme de chiffres et de codes.

Les tombes avaient ainsi accouché d’un nouveau monde. Leur capacité d’analyse phénoménale avait permis ce miracle.

Texte/Photo : Yan Kouton