En-Dedans – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier aux Editions QazaQ

« En-Dedans », alors que l’on s’approche de la fin du cycle graphique de Charles-Eric Charrier, signe une œuvre biomorphique. Entre la pensée et la forme. Dans laquelle les formes humaines se déploient aux cotés de formes végétales ou cellulaires. Comme un dialogue entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Signifiant, on aime à le penser, que l’art est dans l’homme. Une sorte de langage, de poésie architecturale. Il s’agit bien d’une narration, ou l’esthétique et le symbolisme prennent le pas sur les mots. En somme, l’aspect de la vie dans toutes ses dimensions. Passée au microscope, où l’on devine alors la contingence, l’inconscient. La vie comme « le lieu du hasard ».

EN-DEDANS – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-38-7

On that Day

To avenge themselves
On their empty lives
On that day
They agonized

Like a world
Where only violence reigns
The heart dried
The eyes tired

Or worse
Dead to everything
Against the profundity of time
And all sentiments

On that day
Their Nothingness
Revolted up against
The unwritten laws of the city

Those which we had mined
Endlessly
In order to forget
Their presence

Traduction de « A Ce Jour » – Yan Kouton – Photo : Peter O’Neill

A ce jour
Pour venger
Leur vide
Ils agonisent

Comme un monde
Où règne la violence
Le cœur sec
Et les yeux éteints

Ou alors les yeux
Dans la mort de tout
Contre la profondeur
Du temps et des
Sentiments

À ce jour
Leur nulle part
S’érige contre
L’écriture et la ville

Celles que l’on creuse
Sans cesse pour oublier
Leur présence

C’EST LA LE CHOSE À FAIRE

Voici « C’est la le chose à faire » texte écrit à quatre mains, où se mêlent  japonisme béhaviorisme, minimalisme et surréalisme. Un texte fulgurant, d’une poésie frontale dont la beauté explose à chaque ligne.

Texte : Cyril Pansal – Eric Tessier

De feuilles qu’une fois – extraits

Il y a un portable dans l’orchestre. Il me croque la note. Un casseur de mer, un joueur de grelots, refoulant sur la plage ses frelons.
Quoi de la musique ou du téléphone s’est mis à voler ?
Est-ce une partition pour une poche revolver ? Est-ce un acouphène de civilisation, une incrustation contemporaine dans l’interprétation de l’air ?

Je n’en sais rien, sauf cette question qui met la musique sur le qui-vive et rend inquiet.


Parfois on vit ainsi dans les cernes d’une photo floue.
Une coque et puis la matière, les à-peu-près du corps ;
Je marche, je filme le hiatus. Je suis le voyeur, un poète de lentilles.

Je ne me rejoins jamais.


Le poème d’aujourd’hui rentre après avoir bu le rire des camarades
Il tient les murs comme un corbeau sans augures
Proches les murs, petit l’oiseau
Il est d’une ivresse déroutée, il me cherche entre les cuisses, sous le corps, sous le fluide des désirs ancrés.
Il ne vole pas, ce sont des plumes ordinaires, dégriffées sans portance.
Ailes appuyées sur le béton des joues dures.
Écartant la presse des voyelles, le sifflet des consonnes,
Un poème de gorge.

La soif, quant à elle, finit toujours en pirouette dans l’éther du sommeil


Tout se réalisera.
Cacher des tabelles entre deux pierres, qu’aucun mot qui veut sortir, qui cherche l’étendue, ne s’en aille mettre au monde sa prédiction !
Je voudrais quand même mille fois crier d’amour.
Gaspiller la floraison des camphriers. Couvrir ma tête de saveurs.
Je voudrais dire cette émulsion légère du bonheur.

Mais je mentirais et ne poussent que les herbes véritables.
Alors ma tristesse, qui est juste et essentielle, s’envole essaimer l’abandon dont elle résonne.

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editionsalcyone@yahoo.fr

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