Charles Garatynski – Tine Laclos : Rebaptiser la Guerre

Osibova est une crique de l’île croate de Brač. Elle gagne une consonne et devient Ossibova. Mostar se défait en Vishémost, la Neretva en Néréva, l’Adriatique en Yadrânska, Split en Spalàt. La carte reste identifiable, mais la langue qui la nomme a subi un léger dérèglement. Les bourreaux, eux, perdent leur nom entier. Snyeg, cinq ans, les appelle les « hommes-tremblement-de-terre ». Ce déplacement du vocabulaire commande tout le premier roman de Tine Laclos.


L’histoire commence par une course. Dinko a onze ans, sa mère l’a caché sous une marmite dans la cour des cuisines d’un camp, et il court, les chiens lâchés derrière lui, jusqu’à la barque du passeur. Elle lui avait parlé d’un pays du sud et d’une mer. Image classique de l’eldorado.


Les Enfants d’Ossibova, de Tine Laclos, La Contre Allée, coll. « La Sentinelle », 21 août 2026

Extrait de la recension de Charles Garatynski du roman de Tine Laclos, « Les Enfants d’Ossibova – Critique complète à télécharger ci-dessous

Texte Critique : © Charles Garatynski