Elliott Wall – AVENIR aux Editions QazaQ – Traduction Eric Tessier

1907, Eve, Henri Rousseau

Nous publions aujourd’hui un extraordinaire texte du peintre américain Elliott Wall (traduit par Eric Tessier). Biographie philosophique, poème d’une érudition sidérante, ce texte halluciné – mais d’une précision redoutable – nous donne accès à une pensée intérieure aux allures de labyrinthe.

Le fond et la forme sont proprement stupéfiants. Dessinant une narration avant-gardiste, faisant exploser les codes littéraires et métaphysiques. Le processus créatif est ici au cœur de la démarche, et s’expose dans une graphie sens dessus dessous. Mais ce chaos est apparent. Car derrière ce flot, c’est le portrait d’une époque qui apparaît. Ses tensions terrifiantes, ses haines et ses fractures. Elliott Wall transforme ce sinistre théâtre idéologique qui a tué la culture en une réflexion politique d’une puissance poétique incroyable.

Il y a quelque chose de religieux dans ce texte. Une incantation bouleversante, ode à l’amour. A l’inquiétude, à la beauté transcendante et irremplaçable de l’art. Ce court texte pèse le poids d’une pensée, d’un parcours artistique hors-norme, dans un monde à la dérive. Mais le savoir et la création, eux, demeurent les seuls chemins possibles à la survie. Mentale, physique, sensible.

Yan Kouton

De concert, la fin et les moyens, l’âme et le corps évanescent, se posent la question de la conduite à tenir. Savoir comment obtenir ce que l’on veut, sans savoir quoi vouloir, ne mène évidemment à rien, comme savoir se diriger sans destination précise. Quel que soit le chemin emprunté, nous revenons à notre point de départ. La fin ne peut justifier les moyens s’il n’y a jamais de fin.(Extrait)

 © Elliott Wall – AVENIR – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-82-0