TEOS & HAIKUS DES JEUDIS (8)

COCA LIGHT

J’aime sa façon de dire

Je reviens, j’ai envie de faire pipi!

 

SABOTER LA LAIDEUR

Popsicle et soleil

Son visage change tout l’temps

Indienne génialement banale

Ses yeux et puis sa voix …

 

Tout devient faux dès qu’on l’énonce

 

PAS PRESSE QUE LE PROBLEME S’EN AILLE

(UN AUTRE FERA VITE SURFACE)

Je t’aime ça , je t’aime pas ça

Beaux jours & Glace jampi

 

mais après , tout est rentré dans l’ordre

 

CORRECTION TERMINEE

Fille un peu sorcière

Pouvoirs magiques

toujours très appréciés

 

Textes/Illustrations : Cyril Pansal – Merci à Stéphanie Siou

 

 

 

 

Il y a plein d’amour comme ça

Il y a plein d’amour comme ça, où l’autre ne vous aime pas. Mais ça reste de l’amour, ça reste comme ça. Je le regarde ces jours, ces derniers temps et c’est comme si notre vie entière, la sienne, la mienne avaient disparu. Je suis en état de sidération. L’idée de la fin qui vient est la seule qui demeure et elle détruit tout autour de moi, notre passé commun, nos souvenirs aussi. Je ne les sais plus. Ils s’éloignent, ils me quittent, eux aussi. Le père ramasse son sac de billes, il replie son petit théâtre, il remballe la marchandise de sa vie, de notre vie avant de s’en aller. J’oublie qui il a été, j’oublie les anciens jours, je les chasse plutôt. Je me cramponne au présent et comme il est laid et triste, comme le présent est malade, inapte, comme le présent est vicié, je me sens étouffer et mourir moi aussi. Je me sens durcir de l’intérieur. Quand j’arrive dans la maison, je suis comme un paramètre extérieur, une représentante d’une association bénévole quelconque et qui pourrait s’appeler filiale des agonies. J’entre dans la fin du père.

J’entre en fait dans l’étrangeté, dans le nerf douloureux de la famille : le silence, dans son secret existentiel, ce qui la constitue. Je ne sais pas que je suis en réalité, non pas au plus loin de lui, le père silencieux, mais que je suis au plus exact, au plus sincère visage de son histoire. Car ce n’est pas un refus de dire, ce n’est pas le détournement de son regard, ce n’est pas le rejet, mais au contraire, c’est à ce moment précis que j’entre dans sa vérité, dans l’état pur de ce qu’il est, de ce dont il souffre, de ce avec quoi il a vécu. J’entre dans les ondes magnétiques de la pierre essentielle de sa vie. Quand j’arrive à la maison et qu’il y est, sourd, petit, tremblant, quand je le vois qui me méconnaît et m’ignore, quand je sens l’incommunicable, je suis exactement à la pierre d’angle de toute sa vie.

 

Texte/Illustration : Anna Jouy

 

Aujourd’hui Est Un jour De Boue

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Aujourd’hui est un jour de boue
A s’y mettre sous terre
Six pieds n’y suffisent
Ni même les éclairs
À la paroi je dévisse
Jusque dans la bière
Mais je ne suis pas Clovis(se)
pour te faire la guerre
Tu n’es certes pas le roi des francs
pourtant devant toi, les armes je rends
Devant toi fier Sicambre
Ne sachant renaître de mes cendres
La passion jamais ne s’use, sauf dans la durée
Ne plus être adorée me fait le sang brûler
Il y avait pourtant,
Tant d’ors sous les flammes
Mais ici, au point rendu,
Tout fait désordre et je rame
Je suis mains nues et cœur en larmes
Jusqu’aux cernes sous les yeux
Enfoncées tels des pieux
Tout s’est tordu sauf l’espoir
Au pied de l’abattoir
De me faire chien lécheur à vie
De tes plaies et de tes non-dits
De la coupe aux fièvres
je tremperai mes lèvres
Il y en aura encore des erreurs
Des frayeurs
Mais aussi des lueurs
Et puis encore aussi des leurres
Il y aura encore cette douce douleur
Aujourd’hui est un jour de peur
A s’y mettre sous terre
Six pieds n’y suffisent
ni même les éclairs

Texte/Illustration : Catherine Watine

Soirée Cosaques du 5 septembre à l’Atelier des Vertus

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Programme de la soirée animée par les Cosaques du 5 septembre, finissage de l’exposition photographique  « La Frontière » de Carol Delage – A l’Atelier des Vertus – Paris, rue des Vertus : 

18 heures : accueil des participants

18h15 : Présentation de l’expo et des Cosaques : Shahriar Beheshti – Yan Kouton

18h30 : Pierre Vandel Joubert : lecture de ses poèmes publiés aux Cosaques

18h45 :   Shahriar Beheshti : lecture de ses textes publiés aux Cosaques

19 heures : concert-showcase à distance et projeté d’Olivier Triboulois

19h15 : Catherine Watine : lecture

19h30 : projections vidéo-littéraire de Marine Riguet et Gwen Denieul

19h45 : Charlotte Van Kemmel et Gwenvaël Mottas : performance intitulée « Waschhandshuhönig ! »

20 heures : Dorothée Chapelain et Charlotte Van Kemmel : performance intitulée « Out of Border »

20h15 : Jacques Cauda : lecture de sa nouvelle « Pigalle »

20h30 : projection/lecture de Carol Delage

Tankas

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quatorze heures trente huit

déjà le ciel est si bas

sur nos têtes lourdes

où pendent des sourires

écorchés par les silences

 

****

 

au soleil d’été

sous le cerisier en fleurs

un chapeau de paille

et le souvenir de toi

accroché à mes pupilles

 

****

 

en bordure de ciel

les nuages filent un à un

dans un épais silence

où mes paupières s’éteignent

une larme au creux des lèvres

 

****

 

dans le ciel troué

la nuit perfore les silences

obscures

et les insomnies

fanées

 

****

 

dans les nuits d’hiver

les étoiles percent le ciel

sans laisser de trace

et mes yeux cherchent le visage

pendu à l’ombre des silences

 

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Textes : Sandrine Davin

Illustrations : Yan Kouton