Un extrait de « Space Time » de Shahriar Beheshti et de Tara Mahapatra

Le poète iranien Shahriar Beheshti et l’artiste allemande Tara Mahapatra font aux Cosaques l’honneur de présenter en avant-première un extrait de leur livre commun, « Space Time », à paraître prochainement. Ils nous offrent trois dessins et trois quatrains en anglais.

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Come back home

Come back home before the Sun sleeps

Before the Moon contemplates my tears

Before the Dark hides fields of tulips

Before the Night discovers my fears

Reviens à la maison

Reviens à la maison avant que le Soleil se couche

Avant que la Lune ne contemple mes larmes

Avant que l’Obscurité ne recouvre les champs de tulipes

Avant que la Nuit ne découvre mes peurs

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Migrant bird

Foreigner as a migrant bird

Misled by the culture medium

Worn out, empty, tired

How far? How far is your home?

Oiseau migrateur

Étranger, comme un oiseau migrateur

Désorienté par le bouillon de culture

Usé, fatigué, à bout de forces.

C’est loin ? C’est loin ta maison ?

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Tragic case

An unforeseen tragic case

Elements are four, Skies are seven

Done for in the Earth, lost in the Space

Where is my Home? Where is the Heaven?

Cas tragique

Un cas tragique imprévu

Les Éléments sont quatre, les Cieux sont sept

Égaré sur la Terre, perdu dans l’Espace

Où est ma Maison ? Où est le Paradis ?

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Textes et traductions : Shahriar Beheshti

Dessins : Tara Mahapatra

Découvrir la calligraphie originale en téléchargeant le texte au format pdf ici :

Comme un Cycle

L’âme désolée
que baigne l’humidité
sourire de fleur

poussée sauvage
d’espérance timide
la vie qui pulse

la vie qui pulse
épanouie dans l’humide
ferme, rajeunie

ferme, rajeunie
sève et pensée revenues
ployant sous gouttes

ployant sous gouttes
souriant dans l’attente
du soleil futur

retour du soleil
sa caresse heureuse
avant brûlure

Texte/Illustration : Brigitte Celerier

Poèmes de Kieran Wall

Source

J’ai bu le vin de vie
Dessous sa source brune
Le calme des envies
Dans le matin des brumes
Serinait en comptine
Ma liberté d’avance
J’écoutais en sourdine
Le refrain de ma chance
En fond des bruits d’enfance
Le jeu des endorphines
Construisent clairvoyance
Tissée d’étoffes fines
J’écoutais en sourdine
Le refrain de ma chance
Celui qui, ceint, souligne
La sonnerie des vœux
Celui des yeux qui clignent
Soudain leur désaveu

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43.

Enclins à croire
En des idoles
Aux paillettes blasphématoires
Nous arrangeons la farandole
Des à-coups secs de nos déboires

Le noir se fait
Par incréments
Les cordes d’un piano surfait
Sonnent encore élégamment
Le sombre son de nos méfaits

Ne croire en rien
De ce qui est
Allège le purgatorien
De ce certain qui rend inquiet

L’absurde règne
Mais l’existence
Est cette puissance endogène
Qui nous fait danser la distance

Sur l’auteur

Traducteur de métier, Kieran Wall est bilingue franco-anglais de naissance.
Son premier recueil a été publié par les Editions Stellamaris. editionsstellamaris.blogspot.fr

Relationniste – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier

Avec « Relationniste », Charles-Éric Charrier n’a jamais été aussi proche de l’esprit de Calder. De l’écriture de la forme, et de l’écriture dans la forme. L’équilibre comme un alphabet graphique, permettant le déploiement de tout un univers visuel et spirituel. Où les corps s’élancent, connectés à la terre et au ciel. Des corps qui semblent parfois se défaire de leurs liens pour s’envoler. Dans la vie ou l’au-delà. Mais toujours dans une explosion de couleurs et de joie.

Alors évidemment ce « Relationniste » respire singulièrement aujourd’hui la liberté et la volonté d’échapper à la pesanteur. En quelques traits, Charles-Éric Charrier desserre l’étau physique et mental qui nous étouffe et écrit le désir, l’émancipation.

Une définition de l’art en somme. Comme l’exact opposé de cette profession, « relationniste », au carrefour de la publicité, des relations publiques, de l’information. L’écriture de Charles-Éric Charrier continue ainsi de redonner du sens aux relations humaines. Sublimer notre présence ici et maintenant.

Relationniste – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-26-4

Lilia de Jan Doets et André Birukoff

« Lilia » est une œuvre chorale. Une saga littéraire et biographique aux allures de somme historique et quasi scientifique. Mais, et voilà le plus important, c’est essentiellement un destin exceptionnel, documenté et émouvant à l’extrême. Ce magnifique livre traditionnel, Jan Doets – le créateur des Cosaques – l’offre en quelque sorte aux Editions QazaQ. C’est l’œuvre d’une vie, et nous avons l’immense fierté de l’accueillir.

L’histoire racontée ici entre incroyablement en résonance avec nos temps actuels. Elle sonne comme le récit d’une déflagration, d’un tragique accident historique aux conséquences individuelles incalculables. Une famille prise dans les mâchoires d’un double aveuglement. Celui de révolutionnaires jusqu’au boutiste et fanatisés et celui d’une élite libérale mais bien trop sûre d’elle.

Un tourbillon, celui de la révolution russe de 1917, est lancé et va tout emporter sur son passage. Une famille, un couple, une nation, le monde entier.

« Lilia » n’est pas – encore – disponible à la vente. C’est une œuvre test, une quête bouleversante que Jan Doets et André Birukoff ont mené avec une passion brûlante. Il en résulte une fantastique saga, qui sonne comme le renouvellement aussi du roman, de la stricte biographie, de la démarche politique et profondément intime.

Lilia – Jan Doets et André Birukoff – aux Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-19-6

A noter que l’on peut lire aux Editions QazaQ, l’oeuvre numérique de Jan Doets « Moussia » et les oeuvres d’André Birukoff. Comme les prémices de ce roman papier somptueux.