Cartographie – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ

Cartographie. Voici un terme qui renvoie à une réalité précise, mathématique, rationnelle. Mais pour mieux connaître, voir, et se repérer.
À travers ce premier volet ainsi nommé, Charles-Éric Charrier semble donner des clefs de compréhension de son univers visuel. Ici les traces succèdent aux corps en équilibre instable. Un équilibre gracieux et dangereux. Comme un dialogue entre l’abstraction pure et la figuration. Ou un point de rencontre.
Cet «au-revoir à l’humanité seulement animale » ouvre d’autres horizons. Un saut dans le vide, dans une dimension strictement intuitive. Reste le paysage intérieur sous la forme de ces empreintes. Autant de mystères et d’introspection. Ce qui reste peut-être du passage de ces figures qui semblent prises dans une chorégraphie dramatique et belle. Charles-Éric Charrier organise ici la rencontre entre deux mondes, le visible et l’invisible. Les êtres de chair et d’os, forcément éphémères, et leur souvenir. Impalpable. Au plus près malgré tout d’une illusion d’éternité.

Cartographie – Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-35-6

TEOS & HAIKUS du Jeudi (2ème partie)

TOURISTES SUR TRANSATS


Comme timbres collés sur cartes postales

(1/1) LE KIT MAGIE DE LONGEVITE


Aucune amplification nécessaire
Calme & silences
pour soi – uniquement
on fait les choses belles

(2/2) LE KIT MAGIE DE LONGEVITE


Aucune amplification nécessaire
Joie & rires
pour soi – uniquement
on fait les choses simples

ON PLAGE, ON PLONGE


C’est la vie !

PAS BESOIN DE PISCINE PRIVEE


… crème glacée !

SOUS PÂLES PALMIERS DU FINISTERE


En palmes sous pâles palmiers
Je fais des choses que je n’ai jamais faites
La vie simple et claire.

(…) et je suis ému, vraiment ému …

Je le vois bien, dit brusquement le vieillard, et je suis charmé de cette fraîcheur de sentiments …*
(*Marcel Pagnol . Le château de ma mère . Page 159)

AU FAIT, POURQUOI PERSONNE N’A D’AMPHICAR ?


D’après Charlie Brown, le secret pour vivre heureux, c’est d’avoir une décapotable et un lac

DEMARRE L’AMPHICAR !!!


Que de défauts – Le meilleur et le pire des deux mondes – c’est l’engin du présent qu’il me faut :
Plus besoin de remorque ou de place au port
Bonjour grenouilles et brille soleil …
Joyeuse amphicar, on klaxonnera les canards !!

TIC & TAC


La pendule ne m’intéresse que lorsqu’elle indique l’heure de manger …
Nous ne pensons qu’à manger *
(* ‘’Pop Tarte’’ – page 35 – Cp&Cp)

UN MATIN AU MILIEU DES MOUTONS


Des kilomètres et des kilomètres de gazon anglais
J’écouterais – tout en prenant le thé – ce cher bon vieux Paul McCartney
(Mais ce soir, j’irai me défoncer la tête au pub Irlandais , the Pogues ou The Dubliners au karaoke!)

Ecrit par Cyril Pansal et corrigé par Stéphanie Siou

Turbulence

L’humidité imprègne le sable de nos peaux.
Mouvante l’union se brise arrivée trop vite dans la porte. Pas devant la porte.
Foncer dans la porte. Coup de pieds dans la porte. Frapper la porte. Y’a quelqu’un ?

Le goût galope jusqu’à la frontière ; sans portes.
Portes imaginaires de nos impuissances fermées comme le local vélos.

J’ai perdu la clé. J’ai perdu la clé de l’anti-vol. Je te secoue à l’improviste.
Arbre dans la tempête tu plis tu trembles.
Se disloquent les sentiments à chaque rafale.
Non tu courbes et te redresses. Tu aimes les portes ouvertes par la bourrasque.

Les feuilles les poussières l’invisible s’engouffrent dans l’antre du lien serré tellement noueux. Dans l’autre effeuillé la force tient le cap amoureux.
Les nœuds noués les uns après les autres agrandissent la corde Nous des contours de notre monde.
Des baisers aux quatre coins de nos peaux cinq sens et six brûlent.
Les touchés de terre deviennent écriture et connaissance.
Beaucoup de musique à glisser sous nos paupières.
Je me suis cachée sous le lit
une surprise de voyage
aller loin pour voir ton visage.
Si beau vu de haut du dessus de tes yeux
au-dessous de mes yeux j’y laisse ma caravane
apaisée.

Texte : Aline Recoura

Debout – Recueil graphique de Charles-Eric Charrier aux Editions QazaQ

Avec « Debout » Charles-Eric Charrier poursuit son exploration d’une poésie visuelle, à travers une nouvelle série de formes. Des traces qui établissent un lien poétique entre l’empreinte et le ressenti. Autant de pistes à suivre, à lire mentalement comme des reconstructions, des représentations abstraites. Des empreintes comme autant de présences qui donnent à voir l’absence, comme pour mieux éclairer un langage en train de disparaître sous nos yeux. Ces choses muettes et invisibles que les dessins et peintures rendent tangibles, grâce à l’intuition. Comme un témoignage. Une transcendance. Une sorte d’archéologie de la mémoire s’inscrivant dans l’art, le témoignage, en effet, de l’existence humaine. Dans ce sens, le graphisme élaboré par Charles-Eric Charrier pourrait s’apparenter au courant artistique « Spurensicherung », ce relevé des traces. Comme on lit la somme de présences disparues.

Debout – Recueil Graphique de Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-34-9

Un couteau dans le coussin

La souffrance ça peut se programmer
Les heures de sommeil, le temps de parole,

Alcoolisation, médication pour la spéculation
Le résultat est une somme d’interférences.

La dialectique dépend des tensions
Des crimes pour la justice, l’altruisme pour des geôles

Interactions, identifications pour des sanctions
Chacun pisse en fait sur la cohérence.

L’harmonie n’a jamais de place.

Personne ne manifeste contre Dieu,
Pourtant
Tout le monde postule pour l’amour.

Les tueurs, les hippies,
Le cynique, le candide.
Les connards heureux,
Les bienveillants acariâtres.

Et les vaincus aussi.
Complètement éprouvés,
Avec tout le confort possible.

Cendre sur les draps
Canettes à côté des pieds
Guitare désaccordée
Moleskine imbibé de café.

La tendresse du lâcher prise
Etrangle avec bienveillance.

Texte : Clément Dugast Nocto