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Déchire le voile qui sépare
L’être du paraître s’égare
Si la correspondance entre eux
N’est la confidence des cieux

Le redoux ne vient jamais seul
Et l’hiver et son brûle-gueule
N’auront raison de mon amour
Car toujours l’enfant dans la cour

Joue et ce quelque soit le temps
Dans la pluie le gel ou le vent
Rien ne l’entrave jusqu’au printemps
De faire invariablement

La course aux flocons de la neige
Qui sont pour lui rêves de beige
Rires d’enfants, je les entends
Je m’en souviens, rires d’antan

Ces visages que n’a pas terni
Les tours de la vilenie
L’innocence est un âge d’or
Où fleurissent les boutons d’or

Éternels dans leur beauté
Si jaunes qu’on croit avoir été
Vécu en un autre au-delà
Où rien ne se passe après ça

Ces mille années de solitude
Où tout n’était qu’incomplétude
Vaste désert sans couleurs
D’une âme manquée de l’intérieur

Mais nous savons, nous savons tout
Depuis le début jusqu’au bout
Quand le solaire grand voyage
Nous coupe du froid des nuages

Et je n’ai plus à pardonner
Quand détendue dans la bonté
Je plane au-dessus du réel
Qui n’est plus rien qu’un peu de sel

Sel des larmes, larmes séchées
À l’abondance immaculée
De l’océan de mes douleurs
La rose mer et rose fleur

Texte : Jeanne Morisseau
Aquarelle : Jeanne Morisseau