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Herbstbaum-mit-bewegter-Luft

aiguiser un orage à la meule
muter fusil
tu sais mon écot de fil

saison de taille dans le gilet des écorces
submergée enfin

chercher à mains bandées les mots de la survie
jamais bonnes jamais douces

je passe mes nuits dans le locataire de la bise
homme froid

quelque part du loin comme une ombre
le bruit des pas quand on pense revenir

ai jeté sur la neige ma présure
pantin de lunaison
-nous autres femmes variables
pochées d’obscur dans les petites morts-

tu as renoncé à mon souffle

***
des arbres aux ongles courts portent le ciel

quelle robe revêtir pour aller à la prière jointe
de l’œil et du rêve

des pétales comme une tombée de sucre
remuer la candeur
battre en neige psychoses et merveilles
je dénoyaute la lumière
et découpe des pointes les huit de l’infini

je suis la copiste des secousses telluriques
furie ordinaire
amazone au mors
à l’amour mixé permutable
chaque lot d’oracles réactive les absences
le sol où tu songeais tomber

si tu dois emporter
fais que ce soit le rien du vent
tout se fait à la petite semelle

j’ai effacé les portes

tout ce que l’air porte…

 

Texte : Anna Jouy
Tableau: Herbstbaum mit bewegter Luft, Egon Schiele