Maid of Athens, ere we part

Lord Byron

 

 

Fille de Holargos, telle que je t’ai vue je t’élis

Veux-tu – Quelle est ton heure ?

 

Que fait ton visage dans le lagon, koukla mou

quand je suis sur le ferry pour Parikia ?

 

Le reçu corné de la 154 (koukla mou)

me rappelle que tu n’as jamais été saisie qu’en absences

 

C’est un sacré beau Trafalgar

Et c’est si triste oh si triste d’y avoir joué si tôt

 

Des caravelles calendaires se cramponnent aux cadrans adamantins,

Athéna allonge la nuit dans l’œil des chiens,

jusqu’au clavecin de tes ongles, les chiens de la place Syntagma —

la fourrure des siècles en tes côtes.

 

9 années à péloponnèser / 9 années font une rue oh si —

 

Aussi j’ai tenté de te gagner

comme on gagne la mer par la lande

comme on perd le Sud au matin.

J’irai chercher ton double jusqu’en Orient

te confondre en mille autres jeunes filles.

 

Mais je vais rentrer maintenant

parfumer mes accords d’une larme de Tsipouro,

le pouce au vent puis coucher sur un banc pour

m’assurer d’avoir les poches vides à l’aube.

 

Ta peur dévore le sein d’une réminiscence —

Les flammes enveloppent les sapins de Céphalonie

Les Gauloises auront le goût des Karelias

 

« Je t’ai appris à avoir peur, tu m’apprendras à avoir froid » ai-je dit

Elle soupire :

« Nous mourrons à la même période de l’année. »

 

C’est un sacré beau Trafalgar

Et c’est si triste oh si triste d’y avoir joué si tôt

 

© Extrait de Lais Magnétiques & autres mensonges dans Nadirs, Tom Buron, Editions Maelström, 2019

Texte
: Tom Buron

 

Sur l’auteur

CravanMaintenantBuronKeyaerts

Tom Buron est né en 1992 à Evry. Il est l’auteur de Le Blues du 21e Siècle & Autres Poèmes (Maelström, 2016), Nostaljukebox (Maelström, 2017), préfacé par Jack Hirschman, et de Nadirs (Maelström, 2019), finaliste du Prix SGDL Révélation de Poésie 2019.

Il est aussi possible de trouver ses textes dans les revues Souffles, Traversées, Le Cafard Hérétique (première version), Rue Saint Ambroise, FPM, Schnaps !, Mange Monde, Nouveaux Délits, Comme en poésie, On peut se permettre, Revu, Spered Gouez, etc ainsi que dans les anthologies Nous, avec le poème comme seul courage (Castor Astral, 2020), Génération Poésie Debout (Le temps des cerises, 2019), Dehors (Janus, 2016), etc.

Par ailleurs, il traduit de l’anglais et performe sa poésie sur scène avec des musiciens de différents horizons.

Aux éditions de l’Angle Mort, il a traduit 9 poèmes de l’exaltation perdue de l’écrivain anglais Joseph Ridgwell (2019) et Prélude au Livre de Jade du poète américain David Park Barnitz (2019).

« Proche d’Arthur Cravan, qui se définissait comme un « poète au pas d’ours », il perçoit l’écriture comme une forme supérieure de shadow-boxing. Une boxe lancinante contre – et avec – son ombre. Ouvrant des brèches sur un monde enfin repassionné. »
Zéno Bianu

Nadirs est disponible à la commande ici : http://www.librairiewb.com/9782875053336-nadirs-tom-buron/

 

A écouter : Ces extraits sont issus de l’enregistrement réalisé lors du Festival F.L.I.B., au Pok (Bruxelles), le samedi 14 septembre 2019.