Hellen Halftermeyer

Parfois l’aube est douce. Fait-elle semblant ? Pas de questions, pas de réponses. L’unique, seule, gueule du jour qui se ramène. Alors, pour empoigner les mots, trouver l’élan. Même le chat me fait silence. Un rapide petit Satori, mon sourire. Parfois c’est calme.

Va savoir, toi, va savoir !?

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Voilà le frais. Alors le feu. Mes thèmes ? Non ! Mes notes. Mes notes, si et là et dos et raies et sol et phares et miroitements. Ma toute petite musique. S’il en est, de ces accords, pour vous, nous, si mal accordés. Je vais faire le feu. En partage. Dans cet étrange froid qui prend la gouvernance. Et quelques-uns se serrent. Auront-ils enfin droit à la flamme qui reste ?

Ma littéraire solitude, mon bien, mon fait. Ma belle absence quand je suis là. Ainsi, sommes virtuels. La belle affaire, du feu. Seuls des mots, seules des images.

Le monde tourne sur nos arrêts. Tout ce qui vient viendra peut-être.

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Voilà qu’encore la nuit présente. Mais quelques chants. Le début. La fin. Bref, le continu. Un peu de crac, de cric, quand je me déplace. Faites chauffer. Et suis sur le brouillon. Toujours sur le brouillon. Pour installer, me faudrait l’arrêt, me faudrait écorce comme épiderme. L’homme n’a pas d’écorce, l’aubier de suite sous mince couche sensible, peau. Je brouille donc, et me débrouille.

La lumière, autre chose d’obscur.

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C’est cela ! Sur la route, à l’heure différente. Perdu, un peu. Ce jour, normalement, faisait venir la nuit. Mais c’est le plein du ciel encore, non livré aux étoiles. Alors j’ai quelques mots, à peine, ici. Les autres sont dehors, à labourer des pages, à vider la blancheur (à la main, c’est le vif et les ratures). Alors, voilà, c’est cela ! Quelques touches du clavier qui me donnent à un monde où tous ou presque, s’égosiller, visibles vouloirs flous. Tic-tic, toc-toc, les lettres font du bruit, le vocable s’imprime et imprime le cloud.

Époque de tant d’époques refoulées, qui semble libre. Ce n’est qu’un calque que l’on consomme.
Des lettres bleues dans le miroir qui répondent aux reflets.

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Ce qu’il fallait faire est fait. Tant d’autres choses encore. Hormis le lit, que je laisse défait. La route sinueuse, parcourue. La soif se mange lentement.
Me demande.
L’échafaudage du monde, à deux pas d’étincelles, pour la façade ou le cœur au travail.

 
Texte : Zakane
Ilustration : Hellen Halftermeyer