Étiquettes

 

En cette fin d’année, l’apatride tenait, le temps d’une éclaircie, à dire au revoir à son Bout du Village ( l’apatride part en voyage, il ne reverra sa ferme que fin janvier de l’an neuf). Autant l’apatride prend toujours soin de saluer les lieux, autant il se sépare des êtres sans jamais se retourner. La seule amitié à laquelle l’apatride croit encore aujourd’hui, c’est celle qu’il entretient avec les lieux où il passe la fin de sa vie. Il a un jour voulu vendre son Bout du Village,  pour alléger sa descendance d’une vente difficile, il s’est même déjà séparé de nombreux meubles, dans ce désir obstiné de n’encombrer personne après sa mort. Puis il est revenu sur sa décision. Il n’est pas si facile de quitter un lieu devenu ami. 

photo-1

photo-2

Au petit matin donc, l’apatride quitta la Ville dans un brouillard dense. Il ne s’attendait pas à trouver son refuge en pierre ensoleillé, avec une vue superbe d’hiver, comme si le lieu lui-même avait attendu la venue de son propriétaire pour le saluer.

photo-3

photo-4

Sur le chemin du retour, l’apatride retrouva la Ville toujours enveloppée d’un épais brouillard…

Texte: Anh Mat
Photo : l’apatride
les photos sont agrandzissables par cliquer