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Manivelles-2

ma valise est ouverte

tout le barda des femmes en sortie de secours

mes menottes en peau de caille

mon parapluie

pour faire des longueurs dans le brumisateur céleste

il va pleuvoir des clous de nuages

quelques gravats à l’écope

et mon chapelet de mots perlés

oublis à la passoire

l’impatience araserait à l’eau le temps de ses chutes

entassements impénétrables

ce mal de l’autre m’habille d’un invendu de couleur

le ciel et puis l’enfer

***

Je ferme les yeux, profil tendu.

Regarder le ciel droit devant.

Je subis. Le poison est à fleur de corps, palpitations incrustées. Oh ! Oui le monde est bien le plus fort, matières lourdes comme des métaux aux douleurs orgasmiques

le creuset des genèses- dois-je m’accrocher à ton regard

Le monde n’en est pas à savoir. Rien ne se calme jamais, vraiment. Rien d’humain pas d’apaisement. Juste peut-être un instant pour respirer, juste un instant, comme s’il voulait accorder une légère palpitation à ce fragile qui naîtra –forcément- un jour. Malédictions et déluges. J’ai toujours eu peur de mourir noyée.

Prendre ses forces.

Férocement tellurique, férocement météorologique, élémentaire, chimique.

Je ferme les yeux. L’orchestre n’est que grandes brassées sauvages. L’énorme purification des morts sans fin.

Cet usage des cordes

cet usage des cuivres

comme des ordonnances, des prescriptions divines

 -Les anges ont-ils tous des trompettes ?-

Texte  : Anna Jouy
Photo : Testaments-1, Patrick Bailly-Maître-Grand