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Il fait un peu froid ce matin.

Quelle est cette odeur douce et musquée ? Elle m’entoure toute entière, elle me baigne …
Où suis-je arrivée encore ?
Dans quel monde m’a-t-on envoyé cette fois-ci ?
Qu’ont-ils dit déjà quand je suis partie ?

Vous verrez, cela ne ressemble à rien de ce que vous connaissez déjà.  C’est un monde magnifique, toutes les formes de vie s’y épanouissent. Nous avons pensé que vous méritiez d’y goûter. Vous avez déjà tant donné depuis le début de votre périple, connu tant de contrées hostiles. Il est temps de pouvoir vous reposer un peu et profiter de ce soleil qui inonde ce monde. La hiérarchie vous accorde un peu de bon temps. Ce n’est que justice !

Ils avaient raison, ce monde ne ressemble à aucun autre. Je ne vois pas encore très clair, tout autour de moi semble cotonneux. Je viens de déployer mes pétales, et mes étamines captent les premières lueurs du matin. C’est doux et c’est chaud…

C’est bon… C’est très bon.

L’air est sucré, et je suis caressée par un léger vent tiède à souhait. Les couleurs de cette forêt sont magnifiques, teintées de toutes les nuances du vert, mais à y regarder de plus près, ce vert est presque jaune. Les feuilles des arbres qui m’entourent frissonnent, se déploient vers la lumière; leurs nervures ondulent vers le ciel. Les racines qui s’insinuent sous la mousse, elle semblent glisser sur un tapis de miel.

J’ai l’impression d’être enfin arrivée chez moi. je vais pouvoir rester là.

Une abeille s’approche. Je la regarde et lui ouvre mon cœur. Elle frôle mon pistil en une caresse de mousseline. Ses ailes battent et me chatouillent.

C’est bon… C’est très bon.

Quelle magnifique petite planète. Je suis heureuse d’être là. Il faudra que je les remercie de m’avoir permis de la connaître avant que mes molécules se dispersent de nouveau dans la galaxie. Je vais en profiter en attendant, le vent solaire viendra me chercher bien assez tôt.

En attendant, je suis là, et j’aime ça. Encore un peu …
Il faut savoir apprécier ce que l’on a.
Il faut savoir aimer sa vie pendant qu’on la tient. Et je la tiens encore pour quelques heures.
J’ai déployé ma corolle blanche au soleil du matin.
C’est bon… C’est très bon…

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Texte et photos : Marie-Christine Grimard