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Hyperbole 2-1

Le fracas capital ressemble à une langue qui s’altère, que l’on ne reconnaît plus. Elle se reconstitue. Secrète, même pour elle-même.Il y a le temps de la méditation. Cet homme noir en costume, concentré sur sa tablette.

Celui de la mélancolie. Une femme âgée, élégante, le charme musical de son violon, précieusement protégé.

Une allégorie mouvante. Un groupe énervé dans la vélocité de sa fuite vers le chaos.

Il y a la volupté foudroyante de la jeunesse.

Cette humanité, hyper-sublime, prise dans le vacillement et le balancement cosmopolite.  Ce mot perdu. Comme un soleil couchant.

On absorbe tout. Les miasmes du passé. Les parfums du futur. Les travaux partout paraissent ensanglanter les rues. La ville gratte ses plaies, en gestes pleins d’amorces et de force, retournant les mémoires.

On voit parfois à travers la vitre du tube, à l’arrêt dans une station, des types déguenillés, boitant et buvant. Ils monologuent. Apostrophent. Ils raniment un mal aux espérances toxiques. Pour ceux-là la mutation en cours  n’a aucun sens. Elle ne retient pas leurs cris. Cette animalité de la misère ou de la culpabilité.

On absorbe tout. Le spectacle d’une phase terminale. Comme le tableau fatal de ces larges empreintes, une opération à cœur ouvert. Le corps de la ville livré aux bâtisseurs.

La passion fougueuse qui s’est emparée de ce territoire muté se lit parfois sur les traits que je croise. L’inquiétude s’épure, devient l’objet puis le vainqueur d’un avenir monstrueux, démesuré. La conscience s’aiguise et prend son parti le plus difficile. Désarmer la terre promise.

Hyperbolê 2 cd

Texte : Yan Kouton
Images : en haut : Yan Kouton, en bas : Carol Delage