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ce serait - 44 - stupidité

Ce seraient des images qui frapperaient mes yeux et s’en iraient tourner dans mon crâne
ce serait leur choc qui enverrait à mes lèvres un sourire ou à mes yeux des larmes
ce serait leur choc qui enverrait à mes mains une crispation, une tétanie
ce serait une image nouvelle qui effacerait les traces de la précédente.

Ce seraient des mots qui se feraient images, des images qui se feraient sentiments
ce seraient des sentiments que je tenterais, les décapant, scrutant les facettes de leurs traces en moi, de traduire en pensées
ce seraient des pensées qui tourbillonneraient, se feraient mouvantes vagues échevelées, tenteraient de se préciser.

Ce serait ce sacré foutu crâne qui ne saurait pas s’arrêter
ce serait rêver de remplacer sa merveilleuse machine par des lianes mortes et des herbes entortillées, un bourrage sec, insensible et décoratif

Non, finalement, ce serait trop dommage
ne pourrais plus lire, grimacer, sourire et m’enrichir
ne pourrais plus bouger
ne pourrais plus jouir de l’odeur d’une fleur ou d’une peau
ne pourrais plus tirer plaisir des messages que m’envoie la chair d’un rouget grillé
ne pourrais plus aimer
et, zut, ne pourrais plus rager,
ni même penser, dire ou écrire des stupidités.
Et, avec un peu d’outrecuidance, demander pardon pour cela.

Texte et photo : Brigitte Celerier