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Wang P’o (759-830) était originaire de T’ai yuan au nord de la Chine. Son père fut nommé à un petit poste à Yang chow, dans l’Est, près de l’embouchure du Long Fleuve. A la mort de son père, sans appui sans argent il se réfugia au temple Hui chao, à Yang chow. Là toute la journée il restait oisif, se contentant lorsque la cloche sonnait pour le repas, de se rendre dans la salle à manger du temple. A la longue, les moines prirent ombrage. Un jour ils décidèrent de manger d’abord, et ne sonner la cloche qu’après le repas.

Quelques années plus tard, Wang P’o par les hasards d’une vie, fut nommé gouverneur du Huai nan, dont Yang chow était la capitale. Se rendant un jour au temple Hui chao, il vit sur un mur un graffiti de quelques idéogrammes qu’il avait inscrits jadis, soigneusement protégés et décorés probablement pour sa venue par de la soie… Il fit arrêter son carrosse avec tout le cortège de ses suivants et gardes pour rajouter une suite à son ancienne calligraphie ayant ainsi résisté au temps: 

il y a trente ans la poussière sur le visage

aujourd’hui protégé par de la soie émeraude

Wang P’o fut accueilli avec tous les honneurs déférences et respects dus à son rang et avant qu’il ne quitta le temple à la fin des festivités, il offrit à ses habitants ce nouveau poème :

Il y a trente années déjà je connus ce temple de Hui chao

Magnolias en fleurs roses et blanches et le temple tout neuf bâti

Aujourd’hui mes pas me ramènent par ici où je suis passé

Magnolias vieillis sans floraison et les moines aux têtes d’argent

 

Texte : L’apatride