fenêtre du train
je prends les champs pour la capitale
je ne songe plus au destin
j’imagine tes gestes dans la cuisine
quand tu sors du sommeil
un matin audacieux ou d’un adieu
roule soleil
Mars fracassant fait son entrée
avant le printemps
roule tambour
les troupes vont en guerre
envahissent les jeunesses
les alarmes la nuit
les bombardements
les corps décombrés
de mille abîmes
devant toi incomplets
les rumeurs et le brouillard de ta guerre
quand les villes brûlent
Mars surgit au mitan des rêves
comme un assassin du jour
par le fenêtre du train ce matin
je suis bien loin du bruit
oui je pense à toi et à tes gestes
si précis
quand tu sers dans la tasse verte
le café brûlant
qui roule dans ma gorge

Texte : Pierre Vandel Joubert

Illustration : Eléna Erhel