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À la fenêtre, la vue ne se cesse de se renouveler.
Toi tu restes devant, immobile, à l’oubli des jours qui se lèvent
et des nuits qui tombent.

Ombres et lumières passent sur ton visage inerte

Dans ces instants, tes regards sont plus que vides. Ce n’est ni de l’ennui, ni de la patience, pas même du repos. Ta conscience disparaît dans ton regard. Hors du temps, tu ne subis plus rien. Ta pensée anéantie, tu t’absentes de ton corps, oublies un instant que tu es. Ta présence est celle d’un bout de bois, d’une pierre, d’un objet quelconque.

Puis tu reviens à toi. Jettes un œil à ta montre. Tu n’en as pas. Tu regardes ton poignet nu comme celui de quelqu’un d’autre. Cette main t’appartient-elle ? Tu doutes un instant, ignores combien de temps vient de s’écouler.

L’orage gronde au loin. Le vent se lève. Tes lèvres tremblent. Les dents claquent comme un volet dans la tempête.Tu attends

Qu’attends-tu ?

— J’attends que la foudre s’abatte sur ma langue

 

Texte/Photo : Anh Mat