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A l heure

Et de conclure par ces mots : « andava alla cerca. »

Cette heure constituait une charge effective et tant redoutée. Par conséquent il l’a abrégée. Il est allé à  la recherche, effectivement. De faits indéniables. De la paix intérieure. Parce que l’impossibilité psychologique c’était son affaire. C’est le hic de sa vie. C’était.

Il est resté derrière la porte. Comme un vestige humain. Ou comme un colis perdu. Le cœur vivant mais battant à peine la mesure de sa vie. Pur comme un saint ignorant l’âpreté des routes, le déroulement du réel. Seul Dieu semblait l’environner. Un Dieu de lumière et d’amour. Prostré devant une autre divinité. Entourée, elle, de ses soldats « du combat pour les cieux ». Figée dans sa monstrueuse pensée. Face à elle, tel un pur dans cette odieuse obscurité, il s’est éteint. Laissant peu à peu la folie l’emporter. Et les complaintes devenir des mois, puis de années. La vie lentement s’empoisonner.

Place aux chairs fouettées. Aux esprits lacérés. Aux ciels toujours nuits.

Sa décision a des lueurs d’étincelles. Il n’en pouvait plus de ces traces de mains sanglantes sur les vitres. De n’être qu’un veilleur de l ombre. Gardien d’une pensée morte, n’observant plus qu’une danse macabre. Il a longtemps pleuré. Puis il a arrêté. Il a simplement  voulu mourir. Ne captant plus rien d’autre qu’un écho, de l’autre rive. Comme si la mort lui parlait. Et fouillait dans les profondeurs de sa mémoire. Elle y trouvait les eaux vives. Puis venaient les ombres.  Capables d’obscurcir ce qu’il restait de lumière. Il s’est installé au milieu d’ombres. Là, il a commencé à décliner. L’idée d’abandonner sa propre croyance ne l’a pas effleuré. Au contraire, il s’y est agrippé de toutes ses pauvres forces. En se répondant à lui-même. Comme si la mort était devenue une compagne. Quelque chose de normal. La solitude dévastée est devenue son quotidien.

Pourtant derrière la porte battait toujours un jour intact.

 

Texte et photo : Yan Kouton