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Neige absence


Pourquoi j’habite la Montagne Bleue ?
Sourire sans réponse coeur serein.
Fleurs de pêchers que charrie la rivière
Un autre monde existe loin des hommes.

LI PO.


Dans l’absence en moi,
je suis née pour te sourire.
Aucun froid, aucun soupçon,
et des parfums magiques.


C’est apaisant comme une fleur de neige.
L’obscurité abrite ses flocons. Ils ne chutent pas, ils rejoignent leurs pairs,
ils tombent dans ce à quoi ils appartiennent.


De la neige de l’amour de la musique :
je pose âme et pieds sur cette seule terre :
elle se nomme : absence, éclipse de peau.
Une seule entité me sollicite, libre, évidente,
quelque chose qui semble de la neige, un silence, quelque atome de tao,
un chant de l’oiseau le matin très tôt, un langage primitif
d’où ne naissent de mots – tout y est d’emblée,
intelligible.

Une épluchure de fatigue, entendue, choyée.
Un cadeau que l’on reçoit de voir ces fleurs fanantes,
ces flocons chuintants,
quelque chose qui ne s’offre pas,
qui est là depuis longtemps.


Il rôde des manquements partout hors du corps,
à l’orée de lui et de l’âme environnante,
qui pourtant incestueusement le couvre de baisers.
Le corps comme une mort se meut comme une ruine,
noble et rouge dans le coucher fabuleux
de celle qui mange des rêves.


Il saigne une morsure vive.
Des fragments de vie monacale s’éparpillent, mimant la floconnerie.
Comme un pointillisme fauve déborde de la nuit. Vite, les bandages de prières !


Il est des constellations où la fleur de ma bouche
se promène et butine d’étoiles en étoiles.
Leurs sexes multicolores, où se trop-taisent encore
les promesses, que les tombes font aux berceaux.


Il est un doux monastère où j’aime revenir
où me penchant sur toi, je me pose en un corps,
dont d’un baiser je prends le pouls-présence.


Il sera une onde calme cou épaule ou flocon,
une évasion,
à trouver refuge au creux des clavicules,
et le long des bois sans cages,
comme pour chercher un nouvel
ordonnancement.

Texte : Martine Cros