Mots-clefs

dressage-impossible

De l’autre côté de la rue, un goéland atterrit sur la petite sphère qui protège la flèche du campanile contre l’infiltration de l’eau. Il regarde dans toutes les directions. A quoi pense-t-il? Evalue-t-il les options qui s’offrent? De temps à autre, il déploie ses ailes, brièvement, puis les replie. ‘Quelle liberté souveraine…’, pense-t-il, assis devant son bureau.

Les oiseaux et les poissons l’ont toujours fasciné.

Les amis ailés vont et viennent n’importe où ils veulent. Il s’est souvent demandé où se dirige un oiseau qui se dépêche devant sa fenêtre, survolant la ville. Se rend-il chez lui, un nid l’attend ? Les mouettes qui quittent la mer pour la ville quand elles pressentent qu’il y aura une intempérie volent souvent à la hauteur des bords de toiture. Elles tournent à gauche ou à droite pour prendre la rue latérale. Il l’a vu de son poste d’observation devant la fenêtre. Mystère.

Pareil à celui des oiseaux migrateurs. Les hirondelles de cheminée rentrent dans leur grange d’origine au nord de son pays, après leur séjour en Afrique du Nord pendant l’hiver.

Et les poissons… Comment le saumon de l’Atlantique du Nord retrouve-t-il sa rivière d’origine en Norvège après son long séjour d’engraissement en mer? Ce saumon indomptable qui nage contre le courant, en sautant par-dessus les chutes d’eau, avant de se multiplier et de prendre son repos final?

Ces créatures ne se laissent pas dresser.

Il se sent bien aujourd’hui. Libre comme un poisson. En route vers sa destination.

Texte : Jan Doets
Image : (agrandissable par cliquer) : ‘Onmogelijke dressuur’ (‘Dressage impossible’), par le peintre néerlandais Karel Delfos (1944 -1995)