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Le vieux cosaque vous a écrit il y a peu sur cette famille suédoise extraordinaire, les Carling et leur figure de proue, La Gunhild qui joue le jazz de vingt instruments, et comment !

Je me suis abonné sur sa chaîne Soundcloud, où elle poste des audios informels comme ses improvisations ‘at home’, ou des enregistrements privés (sur iPhone, probablement) faits pendant ses concerts. Durant les mois de décembre, janvier et février prochains, elle jouera tous les soirs de la semaine, apportant de la joie dans toutes les villes de Suède.

Hier, je reçus son dernier ajout sur Soundcloud dont la sonorité a déclenché en moi une vague de nostalgie… Pourquoi ? Je m’explique.

Dans les années 1950 et 1960 j’ai joué souvent de la clarinette, mais aussi du piano ou de la batterie dans plusieurs orchestres amateurs. À cette époque, on parlait de la rythm section, la force motrice de l’orchestre : piano, contrebasse, guitare ou banjo et la batterie. Quelqu’un qui se trouve au milieu de la rythm section entend la musique autrement que le public dans la salle… Je pense qu’ici son appareil d’enregistrement devait se trouver tout près du guitariste et du pianiste. Écoutez la sonorité chers lecteurs, c’est comme si vous étiez un membre de la rythm section … yes, I do remember…

Autre chose: à partir de la minute 2:28 Gunhild joue sur sa trompette un solo très original, probablement inspiré par le jeu de son superbe pianiste et ses trémolos à la Jess Stacey.

Ce que j’aime dans la musique des Carling et de Gunhild en particulier, c’est qu’ils ont tous trouvé leur style très personnel tout en gardant fidèlement les petits timbres et tournures de leurs ancêtres, des échos de l’ ADN des grands des années 1920 à 1940, dans le cas de Gunhild de Louis et Bix, de Billie et Ella. Son improvisation sur piano de l’autre jour m’a fait penser à ‘In a mist’ de Bix. Que l’atmosphère, rien de plus.

Je vous invite à vous laisser imprégner par la joie de Gunhild et ses amis pour les fêtes qui viennent – Jess Stacey s’y joint volontiers.

Et voici le solo légendaire de Jess au concert historique de Benny Goodman, Carnegie Hall, 16 janvier 1938. Le microphone positionné dans le rythm section aussi !
Ce solo n’était pas planifié, he was taken by surprise pendant le jam session sur Sing, Sing, Sing. Son style était inconventionnel au jazz à cette époque.

 

Texte : Jan Doets