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prinsengrachtconcert

Le vieux cosaque vous parle encore une fois du sens de liberté et de  l’insouciance de ses compatriotes, tout en les illustrant avec un exemple musical, cette fois de la musique classique.

Chaque année depuis 1981, le troisième week-end d’août, le Prinsengracht est le théâtre d’un concert de musique classique en plein air, donné sur une scène flottante, les spectateurs y assistant sur des embarcations ou sur les quais du canal. À première vue et oreille c’est le chaos, le pandémonium, les applaudissements sont déchirés par le son de multiples cornes de bateau. Les grands musiciens du monde, y peuvent-ils rendre leur interpretation sensiblement, en toute concentration ?

Oui, ils le peuvent – ils adorent – pour eux l’interaction en abandon avec le public est apparemment un espèce de tonique pendant leurs tournées  mondiales si fatiguantes. Beaucoup d’entre eux ont préparé, pour la finale, leur version de ‘l’hymne national” d’Amsterdam ‘Sur les canaux d’Amsterdam’, comme l’ont fait par exemple Lang Lang, Jean-Yves Thibaudet et la chanteuse Vesselina Kasarova qui l’a chanté en Hollandais.

La scène: un grand ponton sur l’eau devant le Pulitzer Hotel dont le portier joue toujours un rôle majesteux, c’est sa soirée de gloire. Le public se trouve sur une foule de petits bateaux multiformes dans le canal le long de centaines de mètres – embouteillage des embouteillages – , sur les quais, dans les ruelles à côté, sur les toits, dans les mansardes, sur les balcons, devant les fenêtres, sur les ponts où les tramways continuent à rouler. La fête d’originellement d’une seule soirée  est devenue une manifestation d’une semaine mais le concert principal, le samedi, est encore le plus important.

Il a  digitalisé pour vous un enregistrement sur VHS qu’il  fit en 2001 du concert du 18 août, du grand pianiste Arcadi Volodos, émis par la chaîne TV Avro, et il l’a mis sur Youtube. Cinquante minutes inoubliables.

Il dit : «En regardant, vous pouvez voir comme on est égalitaire ici, aux Pays Bas, nous ne sommes pas une nation, plutôt une grande famille polyglotte et multiculturelle, des sentiments nationalistes se manifestent seulement pendant les matches sportifs  internationaux. Le public enthousiaste se fout des conventions, il applaudit parfois ‘entre-acte’, s’il le veut. Pendant la Sonata D 157 de Schubert par exemple. Volodos ne s’inquiète pas et reste concentré (il y a 200 ans il n’était  pas anormal d’applaudir ainsi  et de manger, même de se balader un peu, pendant les concerts).

Regardez sur les visages le bonheur tranquille, regarde les couples amoureux de tous les sexes, les bébés, les grands-parents. Les microphones sensibles capturent les murmures des gens dans le lointain, mais autour de Volodos régne le silence d’un public ravi. Un homme explique brièvement que sont les Transcriptions que Volodos va jouer.

Je vous souhaite un bon concert.

Programme:
Rachmaninov            : Étude-tableau Opus 33-6
Rachmaninov : Arrangement par A. Volodos of Sonata de la sonata pour cello Opus 19
Schubert : Sonata D 157
Quatre transcriptions:
Schubert par Liszt: Der Müller und der Bach, Aufenthalt, Der Doppelgänger
Liszt par Volodos : Hungarian Rhapsody nr. 13
Encores:
Scriabin : Feuillet d’Album
Rachmaninov : Italian Polka (en l’écoutant je pense toujours à Giovanni Merloni) »

Texte: Jan Doets