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VaseCosaquien

Au fort Bastiani, on observe pieusement un ancien rituel cosaquien, déjà mentionné dans le Codex Cumanicus de 1292 dans lequel les Cosaques, les gardes de convois, les pillards des steppes, étaient mentionnés sous ce nom pour la première fois.

Le premier vendredi du mois, on jeune, on ne bavarde pas. On se réunit autour de la table ronde, un ancien vase en main, on regarde au fond de son vase (vide), puis on lève les yeux et cherche les yeux d’un autre et puis … soudainement, les vases commencent à vibrer. On appelle ce processus: les vases communicants .

On dit que ce rituel renforce mondialement les liens entre les Cosaques.

Par les fortes vibrations dans les mains, cette occupation est assez épuisante, spécialement pour Borislava, qui prépare chaque mois, bien avant le vendredi crucial, une longue liste de tels vases, bien qu’au fort Bastiani n’habitent que cinq cosaques.

Elle a au moins cinquante cosaques sur sa liste. Personne ne sait où ils se trouvent, sauf Borislava, qui est le centre d’un réseau mondial. Elle a surmonté le problème des distances par une particularité dans sa carcasse, unique dans toute la humanité, nommée Vasa Vasorum. Par ce système, elle arrive à rendre visibles, aux fonds des cinq vases dans la forteresse, les visages d’au moins quarante cosaques à l’extérieur du fort, à quinze minutes par visage. Donc ça dure presque toute la journée d’un tel vendredi.

C’est curieux ….

Texte et image : Jan Doets