personne ne pense que la terre puisse trembler d’un moment à l’autre
ni même en pleine nuit ni même en plein rêve
mais quand le séisme commence pour nous ensevelir
et qu’on pose nos mains à plat contre les murs de nos maisons


dans un geste de témérité (parce qu’on n’en connaît plus d’autre)
comme si l’on pouvait retenir ces murs de tomber et nos maisons de s’effondrer sur nous
dans l’intervalle entre la main et le fracas l’on réentend
l’affreux stridulement de l’écrevisse qu’on ébouillante

Texte : © Martin Zeugma