On ne sait si c’est le soleil ou le vin
qui fit trembler la main
en fermant les paupières, le jour déclinera
allongé sur les rails, emporté par le tumulte des roues
et le roulis des voyages
dans l’air ou dans le vent tourne un corps, qui enfin
cri, de n’être plus démembré
sifflera toujours l’arrivé du poème
dans la constellation des sacrifiés
écrire dans le sillage du vide, dans son nerf silencieux
à contre-courant de sa folle vitesse
une traînée de poussière lumineuse virevolte
il est des gares que l’on conjure
et des chemins de fer que l’on s’invente
 
Je n’écris pas pour dire mes chaînes
mais pour que le mot incorpore le fer
pour que la voix y retentisse et habite
pleinement, ce qui nous terrifie

Texte : © Marine Giangregorio