Grand lecteur du Dao de jing et de l’Ecclésiaste Cyril Pansal garde une fidélité au réel, c’est à dire tel qu’il est, sans ornement. « Une sorte d’humilité Amish », selon ses propres mots. Vivre sans se raconter d’histoires trop grandes pour soi. Le parti pris du monde « Pansalien ». Cet univers du pense à rien, sauf à l’essentiel, dans un curieux effacement de l’ego et du prestige littéraire, sacrément érudit mais totalement modeste. On prend ou pas, mais cette trace/farce poétique demeure fascinante et remuante.


« C’est comme ça … Ne pas me raconter, ne pas raconter d’histoires trop grandes. Ne pas se la raconter ». Le mot Amish est d’ailleurs déjà présent dans Démarre la jeep.


Des histoires presque sans histoire (par exemple quand il écrit disparition volontaire ou vide adoré) . Des presque squelettes mais jamais d’histoires exactes.


« Emietté d’Eté » est le second volet – voir pour le premier ici – d’une trilogie, d’anti-histoires donc, qui seront réunies. Pour mieux voir cet univers en apparence éclaté, spirituel (y compris dans ses aspects les plus borderline, écriture de la non-écriture, dans un état de transcendance presque comique, mais infiniment profond). Quand le désespoir est éteint à grand coup d’éclats poétiques insaisissables, de contre-culture et de culture pop, de religions, d’aspirations étranges pour une pensée aux limites ambiguës.


Poésie de l’extrême mais lumineuse. Extatique. Et surtout totalement singulière.

Yan Kouton


Je ne fais jamais de différence entre le jour et la nuit. Je n’en ai jamais fait, à quoi bon ? Dans le jour, la nuit déjà et dans la nuit, le jour déjà (La fin ? Qui en a apporté la preuve ??!) Ashita wa getsuyôbi dewa arimasen. et soudain autre monde apparaît avec précision. Cyril Pansal

© Cyril Pansal