A l’occasion de la sortie du livre de Iren Mihaylova, aux éditions L’échappée Belle, un entretien passionnant avec Jacques Cauda, autour de la poésie, de la peinture, de l’image et de la musique. A la croisée des arts.

Extrait

« La peinture est venue me sauver. Tout comme l’écriture m’a sauvée de l’image. Mais différemment, c’est à dire qu’écrire m’a permis d’explorer la question qui me traverse et je traverse : celle du deuil. L’image a un double sens dans ma pensée. C’est un endroit de déploiement, de passage d’image en image, mais aussi d’arrêt sur image. La peinture a permis qu’un déplacement s’opère et que l’image se déplace littéralement de l’inconscient sur la toile sans « le filtre des mots ». C’est une peinture immédiate, expressive, énigmatique, intérieure. La peinture a sauvé mon écriture puisqu’elle l’a rendue plus libre, plus simple, insatiable, en lui offrant une porte de sortie vers autre chose que le panorama. Elle lui a donné des dimensions, des volumes et une scène matérielle. Elle a aussi fait entrer mon écriture au cœur du récit, me permettant de déployer ma sensibilité et mon désir pour les histoires, d’où l’écriture prosaïque que j’explore. Écrire et peindre à quatre mains prend sens surtout dans la musique où la plus haute tension se rejoue pour moi. Jouer m’apprend à écrire, là où la peinture libère le potentiel imaginaire et la capacité de vie. À quatre mains, mains dans les mains. »

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