Punaise d’envie ! Sertir le jour de noms d’oiseaux, ouvrir le dépliant du grand zoo, mal de chien maux de chatte et toute l’animalerie des silences. Mes mots caravanent. J’écris avec des pattes plein les embûches, jus de terre vers pressés. Faut bien que je pousse mon avantage, que ça continue, les bras en étoile de mer et ces concrétions crayeuses sous les godasses. Pourquoi n’irais-je pas plus loin que ces vermisseaux de poème, chiqués à fleur de boue – les cimetières sont frisés de lombrics- ? Il paraît que je marche encore. Stick de lumière, le pinceau frais retape mon air défait, – grosse fatigue et quelques ombrelles pochées sous l’œil-. Une orée fraise et des pommettes d’Eden. Adam devrait revoir son erpétologie de base, lourdes menaces sur le cours des tentations. Eve vient de peser sur la touche return et se met en mode opération boursière – très suisse quand même la banquière de province, non mais- la tartine de couleurs comme une dégelée sur un ciel de grimaces. Ma grand-mère me pinçait les joues et moi je suis pour le maintien des traditions. Après il y a tout de même bien des gens qui préfèrent le noir-blanc et ces algues de peau poudrées de riz, le cerne d’une ombre, dernier bluff avant les catafalques. Rouge. Baiser.

Texte : Anna Jouy – Extrait du recueil « Le Plénum des Sargasses » – Bloc 10