Recueil Graphique X Self – Charles-Eric Charrier – Editions QazaQ – ISBN : 978-2-492483-41-7

Pour conclure le formidable cycle graphique de Charles-Éric Charrier, nous publions « X-Self ». Comme la quintessence d’un style qui n’a cessé de s’imposer au fil des recueils. Les dessins ici sont d’une rare élégance, retraçant le parcours tout en équilibre et finesse de ces figures qui, de traits jusqu’à l’encre, ont écrit comme un destin, entre humour, drame, chute, beauté et quête spirituelle.


Elles atteignent dans « X-Self » une perfection graphique évidente, sublimes danseurs et danseuses qui communiquent avec une poésie réduite à son expression la plus essentielle.


L’ensemble de ces recueils démontrent à quel point la poésie graphique est possible, qu’elle est un authentique art plastique, dont la matière serait les mots et les images. Des images qui peuvent se lire et se regarder.


Des formes aussi gracieuses sont éminemment poétiques. Elles sont poésie. Elles disent l’espace et l’existence, le mystère et le silence. Elles touchent à l’indicible dans leur présence même. Une présence souvent bouleversante qui nous place face au vide, à notre beauté profonde, comme au malheur le plus inévitable. Tout est dit dans ces recueils, tout ce que la poésie doit contenir et transmettre.


Les compositions de Charles-Éric Charrier brillent par leur simplicité apparente, cette puissance de vie qui déchire le blanc de la page, et qui explose aux yeux. Un dialogue s’instaure entre la trace et le trait, la continuité et la rupture. La tâche et ces lignes extraordinairement précises et pures. Le noir et blanc et la couleur. La manière dont ce jeu entre ombres et lumières, sombreur et éclats lumineux s’opère participe de la tension à l’oeuvre sur la page. Cette tension que l’on voit, qu’on lit dans les gestes et les positions. De l’individu au couple, jusqu’au groupe.


Une tension qui traverse « X-Self », comme tous les autres recueils, et qui structure ces personnages, noués à des textes sibyllins, étranges et beaux.


Au fil des recueils Charles-Éric Charrier a ainsi construit une œuvre visuelle et textuelle d’une grande intensité, viscéralement vivante. Une œuvre qui constitue un ensemble de poésie graphique qui se joue, et qui joue, avec le langage écrit, la dimension visuelle du mot et du geste. Un ensemble qui nous indique le dépassement de la définition, et qui nous projette dans une errance. Celle de l’espace pictural crée, dans lequel au fil des pages, nous pouvons – devons ? – redéfinir le sens devant des images à déchiffrer. La plasticité de l’écrit renvoie au mystère du signe. Au vertige de l’apparition. Comme celui de l’existence.