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Tu Fu

pour les printemps qui arrivent sur tous les continents au dessus de l’équateur, l’ami Tu Fu
Tu Fu (712-770)

au bord de la rivière sans cesse troublé par les fleurs
nulle part où aller en parler et seul à en perdre la tête
au sud je cherche le voisin complice amoureux du vin
plus de dix jours qu’il est sorti boire rien qu’un lit vide

profusion de fleurs confusion de boutons recouvrent
les berges au fil de l’eau
le pas mal assuré je redoute toujours le printemps
poèmes et vins sont encore dans mes pouvoirs
inutile de prendre soin de mes cheveux d’argent

la rivière profonde et les bambous tranquilles
juste deux trois maisons
belles les fleurs rouges avec les fleurs blanches
remercier les parfums et le savoir du printemps
avec du bon vin pour le cours des choses

devant la pagode de maître Huang à l’est de la rivière
dans une lumière paresse somnolente et brise légère
les fleurs des pêchers en pleins bouquets à leur guise
préférer les aimer rouge vif ou rouge pâle ?

chez la quatrième dame Wang des fleurs pleins le sentier
mille fleurs dix mille fleurs si pesantes sur les branches
se courbant et ployant
musardant s’amusant avec les papillons tout le jour
à l’aise les adorables loriots à leur gré à tue-tête

je ne sais pourquoi j’aime les fleurs jusqu’à en mourir
j’ai peur qu’en fanant elles ne précipitent ma vieillesse
de leurs branches épanouies confusément elles tombent et tombent
et le tendre bourgeon doucement consulte la rosée avant de s’ouvrir

Photo         :  Anh Mat
Traduction : l’apatride