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Quel est le secret de la famille Carling ? Pour commencer, ils ont ce précieux don inné, cet ingrédient essentiel que partagent tous les vrais artistes musiciens, écrivains, acteurs, peintres et sculpteurs — et ce qui fait la différence avec ‘oi πολλoi — je parle hollandais maintenant : ‘zij zijn ‘prettig gestoord’. Un terme que j’introduis dans le territoire de la francophonie avec beaucoup de plaisir, c’est ma sagesse des marais du nord : «ils sont plaisamment dérangés». Les voici pour renouveler la connaissance:

C’est évident qu’ils sont tous très talentueux, Gunhild la plus superbe, débridée, exubérante. Mais je pense que leur secret spécial est la motivation des parents insufflée à leurs enfants et l’amour au sein de cette famille. Chaque parent sait combien il est difficile de motiver ses enfants, en cette époque moderne, en leur donnant un exemple. Hans et Aina ont réussi. A part les études pour apprendre à jouer de leurs instruments, ils ont habitué leurs enfants dès le début à se trouver à l’aise sur une scène, sans gêne, sans comportement de ‘prima donna’ devant un public. Et ils leur ont dit ‘n’aie pas peur de faire des fautes, c’est ton enthousiasme qui compte, ta passion’.

Ce qui me rappelle de mes propres premiers pas dans un orchestre de Dixieland, à l’ université. On s’était inscrit pour un concours national de jazz et avait joué comme des fous en faisant beaucoup d’erreurs par impétuosité. On gagnait le deuxième prix. L’année après, en 1955, on s’inscrivit à nouveau, determinés à gagner le premier prix cette fois. Pendant trois mois on répéta ad nauseam les mêmes trois numéros. Le résultat fut un sans faute sur scène mais on n’obtint que le septième prix: manque d’esprit!
Sur la photo on peut voir le Cosaque avec sa batterie minimaliste mais efficace quand on joue le style New Orleans 1925, pendant ce concours ! Les visages sérieux !

Circus Square JB

Chaque année, pendant les mois de janvier et février, la famille Carling fait une tournée dans toute la Suède, du cercle polaire jusqu’au sud, chaque nuit, 7/7, avec un nouveau show de l’orchestre, agrandi avec d’autres musiciens et des danseurs, les Harlem Hotshots, tous Suédois:

Cette année ils ont exporté leur show à New York, avec un succès immense. Pourquoi ne les n’avons-nous pas encore vu en France, Suisse et les Pays-Bas où le ‘besoin’ d’oublier nos soucis est pourtant aussi fort qu’en Suède ?

“Zéér prettig gestoord” est aussi l’ami tromboniste Henrik “Mozart” Jonnson (gilet rouge), regardez cette vidéo avec une attention spéciale à partir de 2min40 sec.

Gunhild est déjà en train d’entrainer la génération suivante. Regardez les trois vidéos suivantes, la première faite pendant des vacances en France en 2007, où elle ‘tomba’ sur un orchestre français dans la rue. Sa fille Idun d’un an et demie sur ses genoux les accompagne avec passion avec un instrument jouet. Idun chantait déjà avec l’orchestre en 2009 à l’âge de trois ans, avec grand aplomb, et participe parfois en 2014 avec une vraie trompette et un vrai trombone. Le fils cadet de Gunhild a débuté déjà comme danseur quand il ne pouvait guère marcher encore, en joignant sa mère et oncle Ulf vers la fin du la vidéo finale tout en évitant habilement le trombone de sa mère.
Il y a un myriad de vidéos de cette famille extraordinaire sur Youtube, je vous souhaite une belle randonnée, c’est addictif !




Pour les cosaques et tartares qui peuvent écouter Soundcloud, j’ajoute un mot spécial : http://soundcloud.com/gunhild-carling/nobody-but-you

Texte et photo : Jan Doets