« Sur le fil perdu » est une succession d’aphorismes, de pensées qui provoquent de la poésie en cascade. Elle se taille des sentiers, de nouvelles perceptions déroutantes. Où la profondeur quasi métaphysique ou spirituelle, côtoie une légèreté apparente (quelque chose qui dialogue avec l’absurde).

Le non-sens est ainsi mêlé à la beauté pure de l’indicible. Une discrète, mais très belle, sensualité borde un réel désespoir. Une noirceur palpable mais jamais pesante ou complaisante. L’apparente hétérogénéité du texte est traversée par une constance. La musicalité de cette poésie, écrite pour être propulsée, projetée sur scène.

L’autosuffisance de ces pièces littéraires, prises une à une, révèle une vision d’une lucidité transperçante. La précision de ces gestes poétiques viennent percuter l’inflation des discours toxiques, faux-semblants intimes ou collectifs. Toute cette société d’un spectacle de plus en plus nocif et trompeur.

Colères, états d’âme délicats, considérations politiques, regards surréalistes, inscriptions d’une grande sensibilité s’enchaînent et forment un ensemble où le bref a le souffle du combat poétique.

Yan Kouton

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La parution de « Sur le fil perdu », aux Editions QazaQ, accompagne la mise en place d’une installation poétique éphémère à La Carène de Brest ; dans le cadre d’un concert de David Jestin, le 25 avril 2026. Cette soirée, le « Boomerang #2 » de la Maison Poésie Brest s’articule autour de la dramaturge Laurène Marx.

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David Jestin

« Transcripteur de rêves collectifs, dormeur à la force naturelle, archiviste des néants, détecteur de poésie… et chanteur parfois. »

La voix et les textes de David Jestin – notamment connu pour Mon Automatique – impressionnent toujours autant. Il s’impose comme l’un des paroliers les plus saisissants de la scène indé française. Son phrasé traînant, presque menaçant, porte des textes d’un minimalisme ravageur. Une charge émotionnelle brute, une puissance qui percute. Derrière la tension, une humanité à vif : des histoires d’amour cabossées, des nuits trop longues, des fêtes trop tristes. 

Extrait

Nous étions tous à la même table.

Le vent du printemps sur les champs d’herbes brillantes.

Tous ces livres qui s’empilent dans les strates des falaises

Connais-tu Le Bras de Cobra ? Écoute le morceau « Perfecto Baby ».

Rendre sensé l’insensé.

Sur les plateformes aérées.

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David Jestin – Sur Le Fil Perdu – Editions QazaQ – Collection Maison Poésie Brest – ISBN : 978-2-492483-93-7