les premiers jours nous avions pris le temps
pour se regarder de travers puis d’amour
pas à pas habillés d’humus l’incendie nous a dévoré
le long des murs d’une mémoire
et d’ombres portées par le soir près de la forêt
je dors dans l’iris d’un autre aujourd’hui
les trésors et les stocks de secondes
traversent ma pupille comme une aiguille au feu

aux arbres d’été d’une vie posée par-ci par-là
j’ai déroulé les tapis de plaines enneigées
par les montagnes et les chemins de campagne
dois-je en mon souvenir voir ce qui n’existe plus
dans la ville rétrécie au sol ou en altitude de prières
je dors à l’envers des amours éternels au plus près de la fin
les trésors et les stocks de secondes
viennent à l’envie comme spadille aux cieux

aux dernières nouvelles vous avez rejoint l’océan
sans jamais remettre la main sur mon visage sombre
la grande traversée achèvera dans les creux
les jeunes pousses de printemps et l’histoire
un prochain soir en remontant les rues de la ville nouvelle
je dirai une dernière fois ce que vivre sans ombres
les trésors les stocks de secondes
et les vétilles de mon espoir impérieux

Texte : © Pierre Vandel Joubert