tout en bas
nous allions là-bas
sans cerner les jours
voir le haut des rêves


c’est en bateau que tu as menée
ta barque
sans m’attendre
et construire des murs de briques


tout en bas
dans ma cave je suis resté
éveillé au soupirail
et à ta promesse


c’est en bateau que tu m’as mené
rejoignant le roi de l’autre contrée
je t’attendais là-haut
endormi exilé aux absents


tout en bas
je suis retourné
en mon ombre perdue
et vivre du souvenir


tout en haut des toits
et des rues
nous nous sommes laissés
en quartiers libres


à jamais libres et seuls
à jamais et détruits
tout en bas
sans jamais être là-haut


d’un amour laissé seul
dans les romances de papiers
pour une fois
tout en haut de la ville


c’est vrai que l’hiver enterre
et rien ne reste à l’éclaircie
quand vient l’aube
seul un éclat d’une romance


juste une larme
déposée
brillante étoile au marin
resté sur une île


à jamais perdu

Texte : Pierre Vandel Joubert