j’imaginais un retour d’enfer
sur la piste aux lumières
maintenant que le ciel s’obscurcit
et que s’expriment les heures perdues


je me demande en simples mots
quand la pluie vient en avril sur mon corps
aux arbres bienveillants
la patrie non reconnaissante


je voulais imaginer un détour
par les amitiés éternelles
mais tu vois le temps s’indigne
de nos mensonges et vient sonner la fin


si tu ne me crois pas dans l’indigne
imagine un peu les secondes
passées aux vieux bahuts des soirées
qui ne sont qu’une poussière


André Jean et les autres sont partis
sur le fleuve tu vois je ne suis plus non plus
ou moins vivant
inconscient volontaire de la peur


revenir aux jeunesses des images
en eaux vives d’éternité
danser au dessous du volcan
avec toi qui n’avait jamais de jamais


je voulais imaginer un retour
sur la piste aux lumières
maintenant que le ciel s’obscurcit
s’expriment les heures perdues


et mai prend tous ses enfants


à nos pieds sous terre
à nos pieds
maintenant que le ciel s’obscurcit
et que s’expriment les heures perdues


mai ne m’a jamais pardonné

Texte/Illustration : Pierre Vandel Joubert