je veux le jour d’ici
et tricoter dans l’ennui dépassé
ainsi va le meurtre des saisons
lentement la raison
coule en cercle de crasse
le chemin n’est plus qu’une tuile au soleil
je veux repeindre ta gueule
en joie retrouver ton ombre
ainsi va la peur dans le cœur
et s’écoule l’illusion
dans les cieux ou au bar
pour une ile tropicolante
je veux rejoindre l’ici d’été
et maintenant dans le blanc du blitz
ainsi va par les coups du destin
le sombre brouillard dans la chambre
en découdre c’est une toile
aux couleurs de ma mère
la cendre viendra bien assez tôt
au pays des nuits et des souvenirs
je cache dans mes manches
les idées noires
pour un sourire au printemps
d’un temps emprunt à tes lèvres
pour une idée
une idée gourmande
noyée dans la rivière
Texte : Pierre Vandel Joubert