Laisser le pas nous mener
sans entraver son geste
des lourdes chaines de nos pensées.
Déposer les armes
aux fossés des chemins.
Attendre accroupi
la parole muette
et le corps assoupi,
qu’un vent léger se lève
et murmure à nos yeux
la direction de l’horizon.
Si le vent tarde trop
(à cette chance posée en terre)
c’est que la peau est dure
l’impatience forte
et que leur bruit de sable
continue de couler
juste par habitude
des oreilles et du nez.
Si le vent tarde trop,
étouffer la colère,
ou renoncer.
Parfois l’Odeur
annonce la présence du vent
avant même que la peau ne frissonne
sel et sucre mêlés
un peu d’acre des pierres
de la fraîcheur des algues.
Mais cela
seule la chair sans parfum
saura le deviner.
Longtemps le grand corps du chemin
efface le ciel des regards
tant son appel au grand départ
noie
jusqu’aux cris du soleil,
aux sales commerces du réel
sous la plainte de sa foi.
Au-delà des bords de ce monde
Il ira.
Sur le chemin
le pas est comme mousse
Sa forme est attendue
sa caresse éclabousse
d’un ballet de poussière qui gagne un peu de vie
qui étreint un peu l’air
puis regagne son lit.
Sur le chemin de terre
le pas est l’Élu.
Texte : Luc Comeau-Montasse