L’univers autour de la tête
sans même un chemin pour l’éloigner un peu.
Et la lumière !
Tant de lumière que l’ombre meurt,
que les êtres de silence et de crainte
sont oubliés avant même de disparaître.
Toute la matière branchée sur la peau,
sur les nerfs,
tapissant le fond de l’œil,
l’intérieur de la gorge,
noyant jusqu’à la douleur.
La cloche même, engluée
ne saurait plus donner sa note
en un espace où tous les bords se touchent.
L’homme-dieu
attend et invente sa mort.
Assis au milieu de la cible
où toutes les pensées s’épuisent,
chair molle et flasque sur les os desséchés,
à peine soutenus par quelques bois usés,
le corps, sa vie,
écoute et comprend pour sa peine
la douleur rayonnante au centre de l’arène.
Ainsi chaque coup porte
à la tête, dans le cœur
sans que jamais ne sorte
le sel d’avec les pleurs.
Aussi près du bonheur que de l’acmé du gouffre
l’être pétri de peur boit le silence et souffre.
Pourtant sa main fermée dérobe à son regard
la porte que cherchaient la raison et ses fards.
Au bord d’un monde qui vit Le Soir
sa paume humide étreint l’Espoir.
Texte : Luc Comeau-Montasse