Brouillon de femme, l’imparfait des couleurs. Des traces de doigts et des bavures, la suie gommée d’une esquisse. Regard encore, mains à la débauche. J’hésite entre tous les étranges, me mélange sans fin. Terre meuble de prochaines statuettes, attente des pouces et du tour du potier, le tournis sur le disque zoologique. Brouillon, vie à l’essai, prototype d’un futur moins abstrait. Je tente, j’éprouve, j’expérimente. Je compare, je vérifie mes plans. Je fais ma cueillette de matières, de sens et de courants. Je vis à l’épreuve d’un tout premier tirage. Le grain n’est pas le bon, la texture indécise, franges pas nettes, encre bavée. Je suis chair désordonnée d’esprit, une première à blanc pour une autre existence.

Texte : Anna Jouy – Extrait du recueil « Le Plénum des Sargasses » – Bloc 10