Alors, si la vie veut parler,
pourquoi vouloir s’affirmer
en elle, ou dans tout autre lieu ?
Quels mots vais-je trouver
dans cette vallée des rois ?
Mot, tu es un monde patient.
Mot, tu as des frontières.
Mot, tu es figé et tu me fixes.
Comme si la raison n’était plus là,
l’instant égare l’émoi,
et déclare le sens perdu chef de tribu
Tout est attente,
tout est atteinte.
La loi de mon cœur est sans juge..
Mes jeux sont sans arbitrage
Je n’aime ni leur morale
ni leur parole.
Mais cette nuit n’existe pas et tu n’es plus et je suis dans mon lit
nu, en proie au dégoût des larmes que je n’ai pas
Nu sans proie, poids seul,
comme un petit matin sans café ni cigarettes
qui n’est plus qu’une angoisse sans terrain vague
envoyant ronds de fumée et arrière-pensées,
au ciel qu’exténue tout intérieur.
Je hais leur morale, leur pupitre, leur tribunal leur emploi, leur usine, leur cité,
quand l’ordre comme le chaos se dispute le règne qu’il veut.
Je ne suis qu’idées, vagues ou courtes,
d’un coin de moi sans eux,
ou, parmi eux, sans moi.
Désormais le juge de mon cœur est sans loi.
Texte : Fabien Sanchez