111

Si tu n’as rien
à te faire pardonner
hâte-toi de te fuir
aussi loin que personne
ne te retrouvera
plus profondément
en cet endroit
où tu es déjà


112


Pour éviter
de mettre tes pas
dans ceux de ton ombre
Marche vers l’est
le matin
Vers l’ouest le soir
La destination
n’est pas le chemin


113


Le masque n’est pas
qu’un changement d’apparence
Transformant
le regard de l’autre
il change celui
qui le porte


114


Je déclarai la guerre
au règne prédateur
des addictions
Tatouai sur ma peau
qu’il n’aurait pas la mienne
NOTOXBUTHEFLOW


115


Quand la nuit est trop courte
et les jours
trop longs
C’est qu’il est temps
d’inverser la durée
par l’endroit
où tu te sens
Vivant


116


Puisqu’ici rien
ne se perd ne se crée
ne se transforme
mais se déplace
l’assolement des corps
fertilise les âmes
Le deuil
alterne ses champs
mais la joie
des récoltes demeure


117


Il faut une paume
plus large que le souffle
pour contenir la peine
d’une mèche soufflée


118


Jamais aussi pur
le reflet du ciel
qu’à la surface
d’une eau trouble


119


Vivre est rempli de lieux
et d’instants
Entre les deux
la neige des peaux mortes
de nos mues


120


Quand le chemin de vie
passé
rejoint celui du projet
Rien
ne peut l’arrêter


121


Il y a bien d’autres peaux
que celle
dans laquelle tu es mal
L’amour et le faire
sont faits pour ça

Texte : Patrick Prigent – HAGAKURE du combat ordinaire – Travail en cours