L’été glissé sous la porte
Gît
Sur les carreaux froids
Du salon
Le souffle court
Je l’avais oublié
Comme un animal
Noyé dans l’eau sale
D’un vieux lavabo
Fissuré
Toutes ces années
Je ne vivais
Que des hivers
Et des printemps
La saison moribonde
Se traine
Jusqu’à mon flanc
D’où s’écoule
Une eau noire
En menu ruisseau
Vers l’océan profond
Qui s’agite
Sous la caresse profane
De la lune
Dans la mer
Se trouve encore
Mon enfance
Telle une carcasse
Piétinée
Que le ressac
Ramène sans cesse
Vers le rivage
En crachant
Quelques pâquerettes
Couvertes de suie
Le silence est plus assourdissant
Que jamais
Je plonge dans le cavocéan
Et nage
Parmi les ossements
Si tu me suis
Je t’entrainerai avec moi
Vers le large
A moins
Que le courant
Ne me rejette
Inlassablement
Sur le sable noir
Dis l’été
Tu ne voudrais pas mourir ?

Texte : Aliénor Oval