Je suis le lieu même où se blessent sans cesse mes sentiments,
et leur formule inopérante à toute guérison,
depuis la base arrières des pensées.
Je suis le corps clandestin des églises désertes,
l’archéologue sans instrument des passions humaines,
le dépositaire d’aucune mémoire,
le thuriféraire d’aucuns mythes,
le serveur infatigable au comptoir des idées inachevées,
la vigueur d’un charme jamais dissipé,
le récipiendaire de sentiments mêlés.
Vindicatif, je le suis
à vif et en vain.
Je n’emboite désormais plus
le pas aux idées,
ni ne me presse contre les chairs du réel.
Dans l’impossibilité acceptée de longue date
de ne pas marcher sur l’eau,
mais sur mes peurs,
là où mes pas ne me portent plus,
ce mouvement est une preuve
de tout, sauf d’équilibre.
J’en souris aux pieds de l’échelle,
et j’en pleure au pied de la croix.
Croix et échelle,
ces seuls sextants de l’esprit
vers l’effacement renforcé,
que l’on pourrait toucher à mains nues,
disjointes et humiliées.
Je dis ceci, devant Notre Dame :
Même la pierre monte au ciel.
Texte : Fabien Sanchez