Chant 1
Non ce n’était pas
Ces champs ni nos vies
Avant je ne sais quel orage
De cela qu’on appelait jadis
Des servitudes
Sans aucun détour
Parfois
Le dieu des autres
Déjà sur le chemin
Surfait en silence
Au-dedans comme par moi
Cette faune volatile d’exception
M’encourageait à sa poursuite

Même
Si les espèces communes
Rencontrées sur ce chemin (étaient)
Des identités les moins attendues
Et ces hommes vêtus de noir
Si peu tranquilles
Jusqu’au bout de leur logique effective
Aussi
Ne parlait-on pas bien et
Ne s’y voyaient pas non plus
Ceux plus haut expliqués par des causes
C’était comme à partir d’autres récits
Des lectures préférées en secret
Qui bien vite se produisirent
En silence
Chant 2
Il faut me croire
Car la découverte évidemment
Se donnait ainsi
Ceux qui n’avaient pu se dérober
Se pliaient aux exigences
De là une certaine servitude
Ainsi
Au milieu de la traversée
La vie quand l’océan (ceux-là)
Dans un soulèvement d’écume

On vit le soleil se lever
Au bout d’un morceau de ciel alors
Ils étaient sables roches argiles
Alors
Jusqu’à ce moment d’emblée
Voulant rédiger un nouveau code
Ils établirent avec le Temps une chronologie
Quand Il entra par là : cette porte monumentale
Par l’ordre auparavant si étrange qui
Devint limpide à suivre & à poursuivre
Plutôt
La science jadis proposait une image
Des mythes des mondes des fards
Et bien d’autres… quand
Comme l’a dit Spinoza
En parlant du mélange des genres
Ceux-là s’obligèrent comme moi à rire
En silence
Chant 3
Sur l’autre rive ceux-là
Par les plis secrets du cœur
Offraient une forme de liberté
D’autres (les autres du début) toujours enclins
À la servitude maintenaient
Une main radicale sur eux-mêmes
Souvent
Au sein du groupe et vis à vis
D’enjeux redoutables
Les uns (ceux-là) laissaient entendre un
Désaccord loin de la direction prescrite
Par les autres soumis à la folie initiale
Qu’on appelait désormais les Autres
Maintenant

Pour ma part je poursuivais
LE chemin au sein même
De l’imaginaire ailé qui m’était propre
Et me suffisait-il d’approcher
Au tragique (ceint d’obscurs parements)
Pour faire entendre une violence exaltée
Désormais
Le soleil pouvait se lever
Liquide sur une rive l’autre
Et sans préjuger du pire
Ceux des plaines (les Autres) ceux du haut (ceux-là)
Depuis leurs battants sculptés
Devaient vivre maintenant
En silence
Chant 4
Les récits divergeaient
L’enjeu même qu’ils se proposaient
D’atteindre filait la métaphore
Ainsi de la figure des Autres
(vous vous en doutiez !)
Étouffée sous des ambitions éteintes
Parce que
Je passe ici sur la sympathie
Dont les éclairs possibles que ceux-là
Laissaient filtrer au lever du soleil
Parce qu’ils avaient accepté une image
De la liberté (la télévision) pour gagner le
Bénéfice du nombre
Jamais
Derrière le mur l’écran les
Autres vivaient en toute servitude
En formant béats le plus grand nombre
En haut les rires fusaient comme jamais
Cela impliquait bien sûr de conserver
Ces rires et de s’en croire les maîtres
Puis
Par la plaine liquide (la mer jadis) certains des Autres

Voulurent échapper à l’écran &
S’engendrer dans la fuite
Ceux-là du haut qui pouvaient épouser
Toutes les formes s’accordèrent pour
L’extermination : les hommes en noir intervinrent
En silence
Chant 5
On entendit le silence couler
Ecoute infime résiduelle dérobée
A la vue du sang qui coulait
L’histoire finissait dans
L’écran qui ne posa aucune question
Les lustres avaient passé
Longtemps
Le Temps sortit de la chronologie
Devint étal comme la mer au soleil
C’était oui pour longtemps
Les Autres n’avaient plus à choisir
Sinon la pauvreté sans autre péril
Que la météorologie
Ensuite
La couleur du ciel vira au bleu
Un bleu plus soutenu
Un bleu de servitude volontaire
Ensuite il n’en fut plus jamais question &
Je poursuivis LE chemin
En silence
Texte/Dessins : Jacques Cauda