Là – je te berçais dans mon souvenir.
Là – la porte reste ouverte.
Quel nom donner à ce nouveau-né du désespoir ?
Dans ma chambre son berceau était prêt.
Parfois la nuit j’appelle l’essence de sa lumière à l’aveugle,
Il me faudra attendre encore des années pour :
Traverser la terre à l’envers,
Creuser une niche sous l’étoile,
Y graver un nom aux lettres argentées ;
Hélas, son nom restera muet.

Dans les sources de la lumière,
Que l’appel empêche d’entrevoir
De minimes particules la consomment et la forgent,
Il faudra construire un cylindre pour les saisir
Au risque de provoquer un trou noir
Qui consumera la terre entière.
Mais je veux prendre ce risque, je veux produire des tornades
Qui engloutiront, peut-être, toutes les églises.
Ma foi ne porte pas la splendeur des religions,
Elle ne se choisit pas et ne peut pas périr
Car bercer mon désespoir est comme compter,
Comme faire un vœu de liberté, dès lors que j’admets :
La jeune fille, la mère et l’enfant ont quitté la chambre et depuis
La nuit luit car les étoiles luisent – et tu verras
Que même sans connaître l’essence des astres,
Ils sont déjà là.

Texte-Illustration : Iren Mihaylova – Extraits de « Au creux du vent » , recueil de poésie et d’illustrations