dans la chambre
debout dans la tête
mon corps allongé
exauce des douleurs fanées

dans l’honneur des silences
les volets désormais fermés
s’exécute la danse des ombres
nous venons ici prier pour l’éternité dévastée

de la plénitude amer
survient l’heure des mises en demeure
tes muscles et mes os
étreignent nos souvenirs célestes

les paupières laissent passer
quelques lumières vibrantes
je me souviens d’avoir dansé
mais cela n’a plus d’importance

dans la chambre
debout dans la tête
tu inclines mon souffle dans l’éclipse
et portes ta main une dernière fois

mes lèvres ont le goût du sang
un dernier sel cristallin
Je me souviens d’avoir dansé
avec toi ce soir d’été

d’été et d’être ton ombre
tous ces os
un sandwich au temps d’enfance

une ombre

******

dans la forêt

aux racines

l’audible silence

fait souffle

Textes : Pierre Vandel Joubert

Toile : « Les Hommes Forêts » – Pierre Vandel Joubert