
Une Maison de la Poésie à Brest, c’est une telle évidence que la question ne se pose même pas. Elle existait déjà, il suffisait de l’écrire. Pour l’accueillir comme il se doit, nous lançons un appel à textes, sur l’imaginaire poétique de cette cité singulière. Un appel qui ne pouvait être ouvert qu’à tous les vents. Aux gens d’ici, comme à ceux de l’extérieur dont le regard à distance est si précieux. C’est que Brest est un port, et ne peut se vivre sans le grand large.
Brest et la littérature ont tissé des liens étroits, où se mêlent fascination et rejet, perdition et illumination. Comme si la ville, longtemps réputée isolée et austère, générait sans le vouloir, un dérèglement des sens, profonde inspiratrice ou zone de turbulences intimes. Séductrice et dure, elle est devenue un personnage à part entière, qui hante romans et poèmes, certains mondialement connus.
Réceptacle de toutes les contradictions et de tous les fantasmes, elle se livre encore aujourd’hui difficilement, alors que les blessures et les incompréhensions se sont, en apparence, effacées. Brest n’est pas une ville comme les autres, c’est un fait, presque artistique. Il suffit de se plonger dans les textes mythiques qui jalonnent son existence pour le comprendre. De la violente sensualité de Genet, à la tristesse sublime de Prévert, jusqu’aux polar de Coatmeur, en passant par la dérive éthylique de Kérouac, tout respire et transpire la poésie. Ce jeu dangereux, et passionnant, entre réalité et fiction.
Brest est donc une puissante matrice poétique. Un territoire qui n’a eu de cesse de disparaître, puis de renaître. Terriblement fragile, et finalement indestructible. Comme la poésie au fond.
Ce qui frappe également dans ce parcours littéraire, c’est qu’en dépit d’une position géographique longtemps ingrate, trop éloignée d’une centralité rassurante pour dire les choses, des artistes – nombreux – n’ont jamais hésité à s’y rendre, voire à s’y perdre. Quant aux natifs, ils n’ont jamais vraiment délaissé leur ville, y revenant, écrivant inlassablement sur cette ville étrange.
Envoyer vos textes à l’adresse mail suivante : maisonpoesiebrest@gmail.com, en précisant en objet « Appel à textes ». Vos textes (poèmes et textes courts poétiques en prose) au format doc. ou rtf. Les auteur.e.s retenu.e.s seront bien évidemment prévenu.e.s dans les règles de l’art…