122
La force de conviction
ne cherche qu’à convaincre
La conviction de ta force
se trouve sans chercher
en te débarrassant
du trop accumulé
123
La seule façon
de ne pas sombrer
dans la folie
est de foller
parmi les sombres
124
Ne regrette jamais
de t’être brûlé
d’avoir approché de trop près
sous quelque flamme tardive
l’incendie des humains
D’autres se protègent
des filaments de lumière
par la cloche de verre des ampoules
125
Personne pas même
et surtout pas toi
ne peut se résumer
à une succession de faits
visibles seulement
par les autres
126
Pour accéder au message
de ta bouteille
jetée à mer
Il faudrait déjà
que l’autre la trouve
et la brise
Mais on a
déjà vu ça
127
Je ne saurai jamais
l’écriture inclusive
elle exclut
toutes les autres
marginales
128
On devient maître de soi
en choisissant l’équipage
à la hauteur
de nos renoncements
Ainsi d’ Ulysse
attaché à son mat
pour ne pas succomber
au chant des sirènes
129
La racine d’un être
est son visage
la ramure
qui tend vers le ciel
son invisible profondeur
130
Nos souvenirs
même blessés
réparent l’avenir
131
En amour
le drame vient souvent
de confondre une personne
avec une autre
d’en attendre
les même attentes
déjà déçues
132
L’espace qui sépare
une seconde de l’autre
et te voici
encore nouveau-né
133
Je plonge ma main
nue dans le feu
en extirpe l’ardent
tison
Le faisant rouler
d’une paume l’autre
j’exorcise la brûlure
par le mouvement
Texte : Patrick Prigent – HAGAKURE du combat ordinaire – Travail en cours