Age d’or

Le jardin le mur
les sapinières
le dos nu de la montagne

Si loin que porte l’œil
les courbes se succèdent jusqu’à cerner
le ciel

Moi qui emprunte des chemins détournés
de rocaille et de pierre
le lézard me dit « hâte-toi »
et je lui donne à boire
la rosée de la nuit

si pâle ce matin
-peut-être de l’averse –
L’orage avait fendu les fruits
et les guêpes à midi
creusaient
l’entaille brune

Blonde était la lumière
qui s’attardait ce soir
sur la montagne
au-delà du jardin du mur
de la frange bleue des sapins
et du vieux pont sur la rivière

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Vers Nissoulogres

Vers Nissoulogres
mon pas léger sur le sentier a pourtant délogé
la buse
et le moineau qui picorait les mouches
sur les bouses

débusqué le chevreuil sa voltige dans la prairie
-le don fauve du jour fiché dans la rétine
et que la nuit ravive aux abords du sommeil
comme un songe ineffable-

Textes : Susanne Derève – extraits de recueil à venir Quatre saisons sur le Causse