Age d’or
Le jardin le mur
les sapinières
le dos nu de la montagne
Si loin que porte l’œil
les courbes se succèdent jusqu’à cerner
le ciel
Moi qui emprunte des chemins détournés
de rocaille et de pierre
le lézard me dit « hâte-toi »
et je lui donne à boire
la rosée de la nuit
si pâle ce matin
-peut-être de l’averse –
L’orage avait fendu les fruits
et les guêpes à midi
creusaient
l’entaille brune
Blonde était la lumière
qui s’attardait ce soir
sur la montagne
au-delà du jardin du mur
de la frange bleue des sapins
et du vieux pont sur la rivière
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Vers Nissoulogres
Vers Nissoulogres
mon pas léger sur le sentier a pourtant délogé
la buse
et le moineau qui picorait les mouches
sur les bouses
débusqué le chevreuil sa voltige dans la prairie
-le don fauve du jour fiché dans la rétine
et que la nuit ravive aux abords du sommeil
comme un songe ineffable-
Textes : Susanne Derève – extraits de recueil à venir Quatre saisons sur le Causse
Un bonheur que ce texte à lire à voix haute… Il réveille tant de beaux souvenirs ! Merci !
le bonheur serait de vous l’entendre lire ! Merci !
–Où cours-tu si vite ?
Après ces rêves qui t’emmènent,
légère, dans le roulement des nuages ?
Es tu l’oiseau qui s’y cache,
l’avion qui les dédaigne ?
Tu voudrais t’en approcher,
les saisir, les modeler,
être dans les bras de l’air
et l’azur frileux,
lui qui sait que la pluie
ne t’en offrira aucun abri.
Où cours-tu si vite ?
Après ces chimères suspendues,
sans attaches,
dont tu ne pourras jamais t’emparer … ?
RC
après toi …