Caresser de ses doigts le marbre des statues
-leurs rondeurs leurs formes leurs courbes patinées-
L’éplucher doucement comme on pèle un fruit mûr
comme on l’ouvre…en secret
Si on pelait les rondeurs de Moore si on fouillait
le corps généreux de ses femmes leur ventre creux
comme des barques leurs dos de pierre
leurs seins nus…
Y trouverait-on aussi ténu qu’un fil
aussi fragile qu’une pensée
silhouette solitaire cheminant dans la nuit
un homme qui marche ou qui chavire
ou qui étreint le vide entre ses mains de cire
s’épure en s’enfonçant dans l’âge
un Homme
à la manière de Giacometti
Texte : Susanne Derève – inspiré par les expositions Alberto Giacometti (2015) et Henry Moore (2018) -Landerneau (Fond culturel Leclerc)