
Les os de nacre
Craquent
Brindilles éparses
Piétinées
Avec nonchalance
Des fougères
Poussent
Dans la moëlle épinière
Un sous-bois
Dans le rachis
Qui croit
Sans discontinuer
Et transperce la peau
Le ruisseau impétueux
S’écoule du flanc
De la montagne
Et fait éclater les veines
Tout se brise
En dedans
Epinglée
Sur le tableau noir
De tes nuits
Sans rêves
Je dépéris
En silence
Rien ne troublera
Ton sommeil
Ni mon souffle
Que je retiens
Ni mon cœur-papillon
Cloué à une planche
Dont les ailes
Ne bruissent plus
Qu’importe
Un papillon
Qu’il vole ou non
Ne vivra qu’un jour
Alors dors
Comme je m’étiole
Et surtout
Que la nuit soit courte
Que ce dernier jour
Soit le premier
Mon corps-forêt
Exultera
Jusqu’au frisson
Avant la fin
Tandis que ta peau
Se couvre d’argile
Ton corps se fait pierre
Et la palpitation de jadis
N’est qu’un lointain
Souvenir
Un conte murmuré
Par les fées et les elfes
Etourdis de trop de pollens
De chardons et de narcisses
Lors d’un jour
Gorgé de soleil
Jusqu’à l’ivresse
Texte : Aliénor Oval
Illustration : Maria Oval