Gare de Bombay
les trains lumières affluent
dans le temple métallique
Les voyageurs descendent les marches
et parcourent des arabesques insensées
La parade de l’opulence et de la réussite
livre joutes merveilles et mondes caciques
Quand les jeux de chances croisent des vents contraires
Krishna est là, en face du quai,
il scrute les mensonges de la destinée
Bientôt le train le délivrera de cet inventaire
quitte la ville et ses gorges l’indiffèrent
un long trajet au crépuscule
Derrière la vitre les villages
pointent leurs petites lumières
suivent encore l’onde du temps et de la terre
Un sentier mal éclairé, une odeur de riz
cheminent les traverses
parcelles d’eau où se mirent
les plis lancinants de la voûte
Le regard de Krishna s’ouvrira
téméraire.
Texte : Arnaud Rivière Kéraval